Inutile de présenter cet ouvrage de référence à tous ceux que la Bretagne, et par extension le domaine celtique, passionne. Ils le possèdent déjà.
Th Hersart de La Villemarqué (Coop Breizh éditeur – ISBN 2-909924-85-8)

Inutile de présenter cet ouvrage de référence à tous ceux que la Bretagne, et par extension le domaine celtique, passionne. Ils le possèdent déjà.
Reste que le sentiment d’appartenance à la culture celtique, s’il y manifeste un indéniable renouveau, demeure encore trop marginal, en Ardenne. Tout a été fait pour ça, depuis des siècles. Pourtant, malgré les ravages causés par ceux-là même qui n’en finissent pas de pleurer le vandalisme républicain, les traces ne manquent pas, avérées ou dormantes, de cette filiation.
Personne ne nous rendra les habitats ravagés par les fils de la louve, les monuments jetés bas ou profanés par des chrétiens enragés. Leurs performances, ici, ont été de taille et l’on est loin d’en avoir réalisé l’inventaire exhaustif, si l’on y parvient jamais. Mais soit, on ne réécrit pas l’histoire, et la rancœur n’a jamais constitué un terreau de qualité. Reste ce qui est, restent les sites enfouis, au chevet desquels une nouvelle génération d’archéologues ne rechigne plus à se pencher. Restent, surtout, les traces orales et écrites. Celles-ci se cachent un peu partout.
On trouvera, dans le Barzhaz Breizh, nombre de concordances avec certaines des légendes, certains usages de nos contrées. On y trouvera, surtout, matière à réflexion : fus ce par le biais de la controverse, nos cousins de Bretagne ont puisé dans cet ouvrage une raison parmi d’autres de fierté, l’affirmation d’une identité qu’ils ne cessent, à juste titre, de revendiquer.
Et qu’on nous comprenne bien : il ne s’agit pas de prôner l’exclusion, de nous faire les chantres d’un peuple ou d’une race élus, de sombrer dans un délire identitaire. Mais, simplement, de rappeler qu’un arbre ne peut croître et s’ouvrir que grâce à des racines. A ses racines.
Puisse la lecture du Barzhaz Breizh éclairer ceux qui, enfants d’Arduenn, cherchent à savoir d’où ils viennent, cherchent à comprendre pourquoi ils se sentent confusément liés par quelque chose de plus puissant qu’un acte de naissance à cette terre dure.
L’Ardenne vivra. Si les Ardennais refusent de mourir. Et le monde est plein de morts vivants. Fussent-ils gloutons autoproclamés épicuriens : le rire du pendu n’est pas une fiction !