
« Là-haut, dans mon Ardenne, les dieux parlent aux hommes » : ils m’ont pris pour un fou, un rêveur, mais tout juste. Et puis dans leurs caboches, c’est du pareil au même. Tu le sais bien, Jofroi ; mais tu sais comme moi ce qu’on met dans les mots quand on les veut semailles : ça ne se perd jamais, et tant pis si souvent ça s’arrose de larmes, ça ravine le cœur.

Tu le sais bien, Jofroi, tu le sais comme moi. Ça ravine le cœur, ça s’arrose de larmes, mais ça ne se perd pas. Un jour quelqu’un te dit : « Les dieux parlent aux hommes, là-haut dans mon Ardenne ».

Alors t’as le soleil qui monte à l’intérieur, tu sais qu’un petit bout de ton âme voyage. Que le meilleur est sauf, que t’as fait ton métier comme un bon artisan. Que c’est tout ce qui compte. Et que tous ceux qui comptent ne comptent que bien peu, et qu’ils comptent bien mal.

Ils m’ont pris pour un fou, un rêveur, mais tout juste. Et ils se sont trompés : là-haut, dans mon Ardenne, les dieux parlent aux hommes !

«… faut bâtir une terre
faut s'inventer la vie
et de l'aube à l'hiver
la patience… »
… je t’embrasse.
P@3ck
