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Les Forêts de l'Ardenne part I
Ecrit par :Luc Lemoine 28-04-2010

Les Forêts de l’Ardenne (part I) : le renouveau du tourisme vert

Les Forêts de l’Ardenne : le nouveau concept du tourisme en forêt

En Belgique, il y a plusieurs paysages, ainsi qu’un climat varié. On donne à la Wallonie des richesses naturelles inestimables. Grâce à l’Ardenne et aux contrées qui l’entourent, la Wallonie est une des régions les plus boisées de l’Europe du Nord-Ouest. La forêt occupe quasiment le tiers du territoire wallon; on estime qu’elle s‘étend sur quelques 500.000 hectares, dont 313.000 hectares pour la seule Ardenne.
La forêt Wallonne ne se présente pas comme un massif homogène. Elle est composée d’une série de forêts, plus ou moins contiguës, qui toutes ont leurs spécificités. En clair, une forêt n’est pas l’autre.
Le “sapin” occupe 45 % du territoire boisé; l’espèce la plus répandue est l‘épicéa, mais on trouve aussi le pin sylvestre, le mélèze et le douglas.

C’est ce patrimoine naturel remarquable, une nature bien connue par beaucoup de promeneurs et de touristes, qui s’offre à eux à travers de milliers de kilomètres de promenades balisées que vous pourrez parcourir tout au long de l’année, à pied, à vélo, à cheval…

Au début de 2009, le ministre Benoît LUTGEN a réorienté toute la politique touristique régionale de la forêt. Le but est de développer le secteur touristique de manière cohérente en Région wallonne; un retard à combler sur ses pays voisins.

Quatre axes prioritaires ont été identifiés : « détente », « découverte », « activités de pleine nature » et « tourisme d’affaires ». Les forêts de l’Ardenne s’inscrivent dans trois des quatre filières prioritaires (« détente », « découverte » et « activités de pleine nature »).Certaines études montrent que se promener en toute quiétude dans nos forêts représente la principale motivation de 85% des touristes qui séjournent dans notre Région.

Pour lui donner une visibilité forte auprès de la clientèle étrangère, il a été a décidé de structurer l’offre touristique des forêts wallonnes en lançant un nouveau concept : « les Forêts de l’Ardenne ». Il s’agit en effet d’une dénomination unique connue au niveau européen et qui donnera une notoriété touristique à notre région.

Quand on est à la mer ou aux sports d’hiver, on est plongé et pris dans une ambiance particulière qui colore toutes les dimensions de ces vacances : on s’habille « sports d’hiver », on pratique « sports d’hiver », on loge « sports d’hiver », on mange « sports d’hiver ». C’est sur ce modèle qu’il faut donc structurer, promotionner et commercialiser une offre rassemblant l’ensemble des composantes d’animation, d’équipement, d’hébergement et de services dans les massifs forestiers, de façon telle que le séjour du visiteur soit coloré dans son entièreté par le concept forêt.

Huit massifs forestiers ont été identifiés : la forêt de la Thiérache , les bois du pays de Famenne, les forêts des Tailles, les Hautes Fagnes, la forêt d’Anlier, la forêt Gaumaise, la vallée de la Semois, la grande forêt de Saint Hubert.

La définition des contours de ces massifs, dont les noms n’ont pas été définitivement arrêtés, a été établie en concertation avec les maisons du tourisme concernées. Les suites de cet article décriront ces massifs.

Des zones spécifiques

Afin de préserver au maximum le milieu forestier tout en permettant aux touristes un repérage aisé des lieux accessibles ou au contraire interdits, chaque massif sera organisé en quatre zones dans lesquelles les activités permises sont clairement définies et organisées :

  • une zone protégée interdite d’accès ;
  • un deuxième cercle où un usage doux est autorisé (balades, découvertes accompagnées etc.) ;
  • un troisième cercle dans lequel est implanté un certain nombre d’infrastructures adaptées au milieu forestier et acceptable par celui-ci. Il peut s’agir d’infrastructures d’animation (parc à gibier, accrobranche, circuit aventure, …), d’infrastructures d’hébergement (aires de bivouac, cabanes dans les arbres, …) ou encore des aires de services (pique-nique, toilettes, …). C’est dans cette zone également que sont organisées les activités et animations plus « invasives » mais susceptibles de rencontrer la demande d’un nombre croissant de visiteurs et de touristes : circuit VTT, sport aventure, marche à la boussole, etc. ;
  • la quatrième zone, qui englobe les villes d’appui au projet, est celle dans laquelle sont implantées toutes les fonctions indispensables à la valorisation de la forêt mais qui ne peuvent être localisées en forêt sous peine de remettre son équilibre en cause. Il s’agit des espaces d’accueil, de grands hébergements, des attractions touristiques, de grands équipements structurants, …

Pour mettre en œuvre ce concept, il faut :

  • Connecter les massifs aux réseaux de circulation rapide

Il est impératif de concevoir dès le départ un plan signalétique global qui soit pensé de l’échelle de l’ensemble des massifs jusqu’aux détails des différents sentiers de visite. Cette signalisation doit prendre le visiteur en charge dès l’autoroute pour l’amener facilement au seuil de la forêt qu’il souhaite visiter.

  • Combiner le concept « forêt » avec les circuits lents

Outre un plan signalétique connecté aux circulations rapides, le concept « forêt » doit être combiné aux différents circuits lents tels le RAVeL, les itinéraires de grandes randonnées, … Cette mise en réseau vise à proposer une offre plus large en faisant référence à notre capital « nature », comme la randonnée à pied ou en vélo.

  • Créer les routes des Massifs

La mise en évidence des grands axes traversant les massifs des forêts d’Ardenne peut à l’instar de « la routes des Crêtes » en Alsace, permettre de saisir l’essentiel des paysages et en découvrir les grandes facettes caractéristiques.

  • Proposer des « circuits » touristiques par Massif

Il s’agit ici de proposer des circuits thématisés, orientés « forêts » avec point de vue, site d’explication, chemins de visite (contes) permettant un « tourisme de découverte ».

  • Aménager des « portes d’accès » aux massifs

Dans chaque massif, un lieu d’accueil, d’information et de dispatching vers le massif lui-même sera prévu. Il renverra également vers d’autres attractions touristiques de la région.

  • Identifier ou doter chaque massif d’un ou deux grands équipements de référence

L’objectif est double.

Il s’agit d’une part de caractériser de façon très visible chaque massif. Cet équipement est à créer s’il n’existe pas ou à intégrer s’il existe déjà (exemple : le parc Chlorophyle, les Grottes de Han, …).

D’autre part, il convient d’offrir un accès immédiat et le plus direct possible à l’univers de la forêt à un public qui n’a pas toujours l’envie ou la possibilité de découvrir la forêt dans le détail.

  • Concevoir une offre différenciée pour les différents segments de clientèle

Pour être attractif, le concept « forêt » doit être conçu comme une gamme d’activités qui rencontre les attentes, les aspirations de différents types de clients.

Cinq grands segments de clientèles sont identifiables à priori :

  •  
    • Le grand public, autrement dit les visiteurs dont la demande est simple sans attentes particulières ou spécifiques, pour lequel il faut proposer des activités accessibles sans équipements particuliers, donc faciles d’accès et relativement courtes dans le temps et dans l’espace.
    • Les promeneurs « lents », le plus souvent à la recherche de calme et de beaux paysages, demandeurs de circuits balisés et les promeneurs plus sportifs qui parcourent la forêt en vélo, VTT, à cheval, en kayak et qui sont amateurs de sensations mêlant le contact à la nature et l’effort physique.
    • Les randonneurs, bivouaqueurs, campeurs, qui recherchent un contact plus physique avec la nature. Pour ceux-ci, les sentiers de grandes randonnées qui permettent de traverser les massifs forestiers pendant plusieurs jours sont des infrastructures appréciées. Il faut pouvoir y adjoindre des aires de bivouac ou de camping ainsi que des aires de restauration sommaires.
    • La découverte nature. Ce segment de clientèle est animé par le souci de mieux connaître la nature pour mieux l’apprécier et mieux la préserver. C’est une demande qu’il faut non seulement rencontrer mais bien plus anticiper car c’est tout à la fois un créneau porteur et la forme de tourisme en forêt la moins préjudiciable pour ce milieu.
    • Les amateurs de sports aventures pour lesquels, à l’inverse des précédents, la forêt est un élément secondaire de leur pratique. Ce qui est prioritaire pour eux c’est l’aventure et la performance physique. Cette demande est importante à l’heure actuelle et il faut pouvoir la rencontrer et l’encadrer. 



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