Rencontre avec le caloptéryx vierge, une libellule dont l'espèce, sans être à proprement parler menacée est toutefois en régression. Est-il vraiment trop tard, que l'humain (re)découvre son universalité et sa dépendance au milieu ?

Tout le monde connaît la grande famille des libellules, dont le nom de l'ordre dans lequel elles sont rassemblées - les odonates, autrement dit "mâchoires dentées" - rappelle qu'elles constituent, toute leur vie durant, de redoutables carnassiers, particulièrement utiles dans la mesure où elles régulent, entre autres, la population de moustiques tout en constituant un bon indicateur de la biodiversité des berges et de la qualité de l'eau des rivières.
Le groupe comprend deux ensembles assez distincts, les zygoptères ou "demoiselles", et les anisoptères ou "libellules vraies", d'autre part. Au total, 66 espèces d'odonates ont été répertoriées à ce jour en Wallonie (68 en Belgique). Et ce sont bien des insectes, puisqu'elles possèdent six pattes et deux paires d'ailes.

Plus aériennes et d'un vol plus lent que leurs consoeurs, les "demoiselles" se distinguent par un corps gracile, des yeux nettement séparés et des ailes jointes, au repos. Les naturalistes nous apprennent par ailleurs que des muscles directs agissent indépendamment sur les deux paires d'ailes, de sorte que celles-ci ne battent pas toujours à l'unisson.
Celles dont nous avons eu le plaisir de faire la connaissance sur les berges du Glain, au pied du Mont-saint-Martin, seraient-elles les plus prudes d'entre toutes ? Linné, en tout cas, les a baptisées « calopteryx virgo virgo ». Un doublon destiné, semble-t-il, de différencier deux espèces très proches. Le nom français, pour sa part, nous simplifie le vie : caloptéryx vierge. C'est bien assez d'une fois, n'est-il pas ? Ca nous évite, en tout cas, d'entrer dans des querelles de spécialistes.

D'une envergure de 6 à 7 cm pour une longueur de 5 cm, le mâle possède des ailes entièrement bleu métallique, celles de la femelle sont (en principe) de couleur bronze, translucides. Les femelles sont généralement sédentaires, tandis que le mâle se déplace davantage, tout en défendant son territoire. C'est une espèce typique des cours d'eaux frais, à écoulement rapide, propices aux salmonidés - l'un de leurs prédateurs. La période de vol principale va de mai à la fin août, et la ponte a lieu dans des plantes aquatiques ; le développement de la larve s'effectue sur un an ou deux, selon les conditions.
Au niveau européen, notre caloptéryx vierge fait partie des espèces potentiellement menacées, et on la signale en déclin, en Belgique. De multiples facteurs ont de toute évidence contribué à ce déclin. Mais ils peuvent être résumés en une simple formule: la destruction ou l'altération des habitats aquatiques du fait des activités humaines. Encore elles.

Passant parmi les passagers, mon activité au sein de MédiArdenne me mène de découverte en découvertes, d’émotion en émotions. Portion émergée de l’équipe, en dépit des heures de rédaction, je reconnais bien volontiers être le « verni » de la bande. Le plus exposé, aussi. Une bourde rédactionnelle est toujours possible. Mais là n’est pas le pire : mystique et déiste, la plénitude qu’offre à mon âme la moindre fleur, la plus gracile demoiselle, le plus humble caillou, ne peut qu’être assombrie par tant de comportements humains qui – directement ou indirectement – altèrent peu ou prou notre environnement, ce « Grand livre ouvert à qui le veut lire ». Et, là comme ailleurs, un seul vecteur est à dénoncer : l’ignorance. Car c’est bien de l’ignorance, et d’elle seule, que l’humanité doit être délivrée. Je ne m'en exonère pas, et y reviendrai.
P@3ck