N'allez pas croire que la gesse sauvage ne sert à rien. Car s'il est vrai que ses propriétés médicinales sont quasi nulles, la teinture ultra-marine que l'on tire de ses fleurs est de toute beauté. Et puis, surtout, elle libère un infini potentiel de rêveries

Allez : une fois n'est pas coutume, c'est moi qui offre les fleurs à l'occasion de mon anniversaire. Hmm ? Bah, une vingtaine d'années, à la grosse louche ;o) Euh... vous me troublez, là, Anne-Soph'... Bref, un peu de couleur ne fera pas de mal en cet été humide et la gesse sauvage fera parfaitement l'affaire.

Peu de choses à dire de cette magnifique papillonacée, sous l'angle médicinal, hormis la toxicité de ses graines. Utilisée en tant que plante fourragère, on veillera donc à la faucher avant sa floraison.
Par contre, macérées dans l'alcool, ses ravissantes fleurs roses fournissent une teinture ultra-marine du plus bel effet sur les textiles, et la laine en particulier.

Pour le reste, la gesse sauvage est issue d'une grande famille particulièrement répandue dans le bassin méditerranéen et dont certaines, d'aspect voisin à celui de la gesse sauvage, sont cultivées sous le nom de pois vivaces ou “ à bouquets „. Vivace, sa tige – pourvue de larges ailes - peut atteindre plusieurs mètres en s'accrochant aux plantes voisines par le biais de vrilles ramifiées.

Soit. Qu'elle envahisse donc les lisières et les haies, puisque sa principale vocation reste sans doute d'apporter le pois des images aux errances champêtres. Jeu de mots aussi inévitable que passablement balourd, j'en conviens, qui ne doit pas vous empêcher de prendre le temps de savourer quelques instants en tête à tête avec les nuances et la poésie des silhouettes que l'agencement des pétales de la gesse sauvage donne à saisir lorsque, par exemple, le regard s'éloigne du côté du temps qui passe comme passent les nuages : rien, jamais, n'est figé.
P@3ck