Ne tardez pas à battre les sous-bois frais à la recherche de la ficaire fausse renoncule : dès que les feuilles auront poussé, notre belle printanière rangera ses pétales jusqu'au printemps prochain.

Pour tout vous avouer, il en va de la botanique comme des mathématiques : je m'y suis mis sur le tard, en comprenant alors qu'il s'agissait davantage de pouvoir partager, que de se bourrer le crâne avec un tas de jargons abominables à débiter devant un jury d'examen digérant les frites de midi, dans une douce somnolence que votre indécrottable ignorance ne va pas tarder à transformer en ouragan imprécatoire. Ah, ces grands moments de solitude : La Reid, t'en souvient-il ? ;o)

Soit. C'est donc sans prétention mais avec énormément de plaisir que je poursuis, en direct-live, notre découverte de la flore ardennaise par la description d'une sauvageonne dont les fleurs éclosent parmi les premières du printemps. Ne musardez pas, car le tapis vert tendre constellé d'étoiles d'or que la ficaire fausse renoncule déploie dès le mois de mars tiendra quelques semaines seulement : en mai, vous ne trouverez plus guère traces de la ficaire dont toutes les parties aériennes seront alors mortes, ou en voie de décomposition.
Les fleurs de la bien nommée « fausse renoncule » ressemblent à celles du bouton d'or, possédant toutefois davantage de pétales et moins de sépales. Ses feuilles, quant à elles, imitent celles du lierre. C'est une vivace qui aime les sols frais et riches , à l'instar de celui que nous avons croisé à proximité des ruines de la tannerie de Cobreville.

Le nom de ficaire vient du latin : « ficus » par analogie avec les figues, auxquelles l'aspect de ses racines fait penser. Mais il peut aussi évoquer les propriétés bienfaisantes de la plante sur les fics – volumineuses verrues de bovins – ou son effet décongestionnant sur les hémorroïdes.
Bienfaisante, certes, mais gare : toutes les renonculacées sont toxiques. La ficaire n'échappe pas à la règle, qui recèle autant de molécules infréquentables dont la protoanémonine, une substance provoquant de violentes contractions musculaires, des coliques sanglantes, des troubles respiratoires, cardiaques et autres joyeusetés.

L'un se ses noms vernaculaires – épinard du bûcheron – indique toutefois que ses feuilles ont été consommées jadis en petites quantités, crues et récoltées jeunes avant la floraison. Au reste, et comme beaucoup de plantes de la famille maudite, la ficaire devient à peu près inoffensive une fois desséchée. Employée en compresses, à raison d'une décoction de 40 grammes de feuilles par litre d'eau, elle soulage hémorroïdes et varices.
P@3ck
Ranunculus ficaria L.
Ficaire, herbe aux hémorroïdes, herbe au fic, fausse chélidoine, petite chélidoine, oreillette, éclairette, épinard des bûcherons, jauneau, pissenlit rond
Wallon : ?