Il existe quelque deux-cents variétés de séneçon. Mais si vous ne connaissez pas cellle-ci, au moins de vue, c'est à n'y rien comprendre : le séneçon jacobée est omniprésent le long des routes et chemins d'Ardenne.

De la à en déduire que notre vagabond au coeur d'or refuse généreusement l'aubaine d'un potager amoureusement entrentenu, il y a un pas que l'on se gardera de franchir. Il aurait même plutôt tendance à en devenir indélogeable. Et si la compagnie s'avère plutôt sympathique tant que ses jolies floraisons - toujours en apparat pour la fête de saint Jacques le Majeur, d'où son nom vernaculaire - émaillent vivement le vert ambiant ; la relation devient plus conflictuelle lorsque l'étymologie révèle ses secrets, en harmonie avec le fil des saisons.

Car ses fruits murs s'épanouissent en une boule soyeuse qui n'est pas sans rappeller la tête des vieillards (lat. senex) lorsque ceux-ci arborent encore une belle tignasse. Un coup de vent, et c'est Noël dans les salades ! Nul besoin d'être Madame Irma pour présager de la suite.

Médicinal, le séneçon est emménagogue et présente la propriété d'améliorer la circulation veineuse. Cuites dans du lait, on applique toutes les parties de la plante sur les furoncles et les abcès dans le but de les aider à mûrir. Reste que le séneçon contient aussi des substances toxiques particulièrement nuisibles aux bovins et aux chevaux, et dont l'humain évitera d'absorber l'équivalent de 0,02 % de sa masse corporelle. Ce qui fait déjà une fameuse salade, mais méfiance quand-même.
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Senecio Jacobaea L.
Herbe de saint Jacques - Jacobée
Wallon : sum'çon