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Végétafiche : le bleuet des moissons, fleur des poètes
Ecrit par :Patrick Germain 25-10-2007
Il est la fleur des poètes, auxquels la couleur bleue est généralement associée : le bleuet, comme tant d’autres, n’a du sa survie qu’à l’extension des méthodes de fauchages tardifs au bord des routes et chemins de campagne.


C’est en l’honneur du centaure Chiron, éducateur d’Achille et féru de médecine qui soigna son bouillant élève avec une plante de ce type, que la grande famille des bleuets doit son nom générique : « centaurea ». Les archéologues, pour leur part, ne furent pas un peu surpris lorsqu' ouvrant les ors du sarcophage de Toutankhamon, ils y découvrirent une couronne de bleuets encore intacts. Le langage des fleurs, pour sa part, l’associe à la délicatesse et à la pureté des sentiments.

Connue entre toutes, cette fleur est par ailleurs largement associée aux poètes et l’on se souviendra pour l’occasion de la chanson de Bécaud – « Quand il est mort le poète » - où il est dit que c’est grâce à l’étoile dudit poète, enterrée dans un grand champ de blé, que l’on trouve des bleuets dans ce type de cultures. Une belle piste pour les historiens du futur puisqu’elle situe vers le milieu de années 60 l’irruption massive de la chimie agricole : essayez donc de dénicher un bleuet dans un grand champ de blé, de nos jours, sauf à visiter une exploitation biologique.
Notre ami le bleuet s’est donc réfugié sur les bas-côtés des routes et chemins de campagne, ou l’extension des fauchages tardifs la sauvé, comme tant d’autres coquelicots et marguerites, de la disparition pure et simple. C’est là qu’il vous faudra aller le chercher si vous souhaitez bénéficier de ses propriétés diurétiques, expectorantes, astrignentes et, surtout, ophtalmiques : les fleurs de bleuet font merveille pour rendre leur vivacité aux regards fatigués, aux yeux irrités.

Enjardiné, notre bleuet des moissons a l’habitude de se colorer de rose. Est-ce sa manière à lui de marquer sa désapprobation ? Son cousin, le bleuet de montagne, ne va pas jusque là. Ses délicats pétales s’épanouissent sans broncher dans un jaillissement de bleus légers du plus bel effet que l’on peut quelquefois retrouver en goguette dans la nature : lui, quand il en a marre, il se barre. 

P@3ck



Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain (Régions de Houffalize et de Vielsalm)

Note :

Centaurea cyanus L ( montana L. pour le bleuet des montagnes)

Bluet, blavette, barbeau, casse-lunettes, aubifoin

Wallon : bleû-baron

 

Contre les conjonctivites, blépharites, rougeurs et inflammations diverses des yeux : une cuillerée à café de fleurs broyées dans une tasse d'eau bouillie. Laisser tiédir puis filtrer soigneusement à travers une toile. Baigner abondamment les yeux.

Source :
  • « Secrets et vertus des plantes médicinales » - Reader’s Digest –
  • « Li walon d’lîdje » de Lempereur et Morayns –
  • « Le langage des fleurs » de M Seguin-Fontes aux éditions du chêne.
Sur la toile :



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