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Végétafiche : la pâquerette fait de la résistance
Ecrit par :Patrick Germain 25-10-2007
Rencontre avec une petite sauvageonne qui, mine de rien, est sans doute l’une des plantes les plus résistantes et les plus utiles de nos contrées. Bref : mollo, avec vos tondeuses !


Allez, c’est bon pour une fois : sur celle-là, vous pouvez marcher. Parce qu’il est pratiquement impossible de ne pas marcher dessus à un moment ou à un autre : omniprésente, la pâquerette résiste à des températures allant jusqu’à 17° sous zéro, ce qui explique entre autres qu’elle fleurit quasiment toute l’année. Et sa petite taille la fait passer sous les lames des tondeuses, par-dessus le marché. Ce qui, soit dit en passant, me fait gentiment bicher tant il est vrai que les obsédés du gazon « crâne de légionnaire » me tapent prodigieusement sur le système. Tout ça pour « faire propre »… et le potin de ta tondeuse, il « fait propre », pèlerin ?! Raaaaaaaaaah…

Bref, je l’aime bien. Vous allez dire que je les aime toutes, et plus ça va, plus c’est vrai. D’autant qu’il ne s’agit pas, contrairement à ce que sa profusion pourrait faire accroire, d’une banale « mauvaise » herbe : notre mignonne sauvageonne possède en effet de nombreuses vertus médicinales. Ses fleurs et ses feuilles fraîches, écrasées, calment la douleur des contusions et des entorses ; et la médecine homéopathique utilise, pour son action tonique sur la musculature des vaisseaux, une teinture tirée de la plante fleurie. Par ailleurs, on mélange la pâquerette au pissenlit et à la fumeterre dans les cas de paresse du foie, tandis que le thé de pâquerette, pris trois fois par jour entre les repas, réussit très bien aux enfants trop maigres. Elle possède, également, des vertus expectorantes. Et gastronomiques : les feuilles peuvent être consommées en salade (avec du pissenlit, par exemple), en potage ou en légume. Jadis, on confisait même ses capitules dans du vinaigre.

Symbole de l’innocence dans le langage des fleurs, la pâquerette a été chantée par les poètes dont l’ami Georges Brassens qui, au passage et sans avoir l’air d’y toucher (comme d’ab’) se livrait à un cours magistral de langue française et de botanique appliquée : « La petite marguerite est tombée, singulière du bréviaire de l’abbé, trois pétales de scandale sur l’autel, indiscrète pâquerette d’où vient-elle ?.. » 

P@3ck



Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain

Note :

Bellis perennis L.

Petite marguerite, magriette, margueritelle, fleur de Pâques, pâquerette des prés.

Wallon : magriyètte (crèssôde si elle est « double »)

Source :
  • « Guide des plantes sauvages » et « Secrets et vertus des plantes médicinales » - Sélection du Reader’s Digest –
  • « Le langage des fleurs » - Marthe Seguin-Fontes – aux éditions du chêne –
  • « Li walon d’Lîdje » de Lempereur et Morayns.
Sur la toile :



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