À force de les fréquenter, on finirait par manquer de superlatifs pour décrire les fleurs de nos forêts et de nos campagnes. La pensée sauvage n’échappe pas à la règle, avec ses nuances profondes.

En voila une bien belle dont la discrétion ferait presque oublier que ses nombreuses sous-espèces ont été utilisées en hybridation avec des espèces originaires d’Europe ou d’Asie pour donner naissance aux corolles veloutées de la pensée de jardin. C’est en France, que l’on aurait associé aux espèces du genre « viola » ayant quatre pétales dirigés vers le haut et un en éperon l’acte de « pensée ».
De nombreux poètes, dont Rimbaud, l’ont célébrée. Et le grand Shakespeare la met en scène à la fois lorsqu’ Ophélie, la fiancée de Hamlet, mêle des pensées au bouquet qu’elle offre à son frère avant de disparaître ; et quand, dans le « Songe d’une nuit d’été » il commande à Puck de lui en apporter pour en exprimer le jus sur les paupières de Titania afin qu’elle tombe amoureuse du premier passant aperçu lors de son réveil. Par ailleurs, il me souvient avoir vu des pensées artificielles distribuées, quand j’étais gamin, par les anciens combattants à l’occasion de l’armistice 14 – 18. Çà ne date pas d’hier, moi non plus, merci… :o)

Depuis la Renaissance, la pensée, laxative et dépurative, sert à soigner les maladies de peau. La plante contient également des substances expectorantes, béchiques et diaphorétiques. Mais sa récolte est délicate : il faut la cueillir dès le petit matin, une fois la rosée dissipée ; la manipuler doucement et la dessécher rapidement pour éviter le flétrissement des fleurs et la maturation de la capsule.
P@3ck
Viola tricolor L. ssp. Arvensis Murr.
Petite pensée, pensée des champs, violette tricolore, violette sauvage, herbe de la Trinité
Wallon : pinsèye