Honneur aux anciens : le pommier sauvage est présent dans la flore du néolithique. Un sacré paquet d’années, donc. Pour un sacré bel arbre.

La campagne de printemps s’égrène sous nos pas. Un peu monotone, avec ses pâtures encore frémissantes, ses champs où l’été fera danser les blés. L’aubépine manque : ici, la « ronce artificielle » s'est imposée. Et puis, soudain, une tache blanche qui se précise, offre peu à peu ses nuances roses, délicates : l’ancêtre, paré de toutes ses décorations, monte la garde au bord d’une pâture.

Sans doute le pommier sauvage, parmi les Grands Anciens, ne figure-t-il pas au rang des plus impressionnants. Il n’en reste pas moins l’ancêtre de nombreuses variétés de pommiers cultivés, auxquelles il sert de porte-greffe.

Ses fruits, rafraîchissants mais de chair très âcre, sont généralement impropres à la consommation. Mélangés à des baies de sorbier, ils n’en donnent pas moins, paraît-il, une gelée remarquable. Surtout si vous êtes tombé sur un pommier doux – Malus pumila – retourné à l’état sauvage, dont les fruits sont moins âcres.

Dans la mythologie grecque, le pommier est l'arbre solaire. Et la pomme est le fruit de l'immortalité : Hadès, dieu de l'Enfer, en offre une chaque année à son épouse Perséphone lorsque celle-ci remontre sur la terre pour rejoindre sa mère, et annoncer le printemps. Pomone est la déesse des fruits et l’un des douze travaux d’Hercule fut d’aller chercher des pommes d'or au Jardin des Hespérides, gardé par le serpent Ladon. Nos amis les Celtes n'étaient pas en reste.

Comment les dieux eux-mêmes auraient-ils pu résister à la fraîcheur de sa fleur blanche teintée de rose, qui ajoute sa notre de gaieté aux paysages printaniers ? Quant à Adam et Ève...
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