Qu’une pépite dorée attire votre attention, au bord d’un ruisseau ou dans un pré humide, et vous avez de fortes chances d’avoir fait la rencontre d’une belle vénéneuse.

Le nom de populage, apprend-t-on, date du XVIème s. Il fait allusion à la similitude entre les feuilles du souci d’eau (un autre des ses noms) et celles du peuplier. Son nom savant : « caltha palustris L. », provient du grec « kalathos » - « corbeille » - par allusion à la forme de ses jolies fleurs jaune doré qui, solitaires, s’épanouissent de mars à juin.

On retrouve le populage jusque dans les régions subarctiques de l’hémisphère boréal où, comme partout ailleurs, sa présence signale des eaux pures. Il se montre en effet très sensible à la pollution. Un indice à tenir à l’œil, donc. Mais qui ne se gêne pas pour autant d’être, à son tour, une véritable pollution – un « souci » - pour les fermiers, dont il colonise les prés humides. Ce qui ne les empêchait pas d’en utiliser, entre autres, les fleurs pour colorer un beurre trop pâle.

Or cette belle des champs, qui fait partie de la famille des renonculacées, partage avec ses cousines, anémone, clématite et autre renoncule, une redoutable toxicité. Aussi la médecine traditionnelle réserve-t-elle son emploi à l’usage externe : séchées, les feuilles du populage des marais produisent une révulsion locale qui peut atténuer certaines douleurs rhumatismales. Mais elles possèdent surtout, comme l’arnica et le tussilage, la propriété de se substituer au tabac, dont elles faciliteraient les cures de désintoxication. Et puisque deux précautions valent mieux qu’une, en la matière : pas d’utilisation sans un avis médical autorisé !
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Caltha palustris L.
Souci d’eau, souci des marais, caltha des marais, chaudière d’enfer, sarbouillotte, cocue, pacoteure.