Elle forme des haies vives efficaces, et du plus bel effet, peut traverser les siècles en répandant son parfum délicat : l’aubépine n’a pas fini de nous séduire.
« Toi qui viens du pays d’Ardenne tout en haut
Des bruyères fleuries, des fagnes, du sureau
J’ai l’hiver aux semelles, viennent les cheveux blancs
Parle, parle-moi d’elle comme on dit le printemps
Quand fleurit l’aubépine
Blanche épine, aux sentiers de mon cœur... »

Là : c’est un aveu. Celui d’un petit (?) faible pour cette belle sauvageonne au parfum envoûtant, dont il faut tâter des épines pour prélever - entre autres, et avec tout le respect qui se doit – ce qui deviendra un bon bâton de marche. Rien sans mal…
Ceci dit, si l’on veut être précis, on dira plutôt : « les » aubépines. Deux d’entre elles sont indigènes (monogyne – monogyna Jacq. – et épineuse – oxyacantha Jacq.), d’autres sont ornementales, d’autres enfin représentent la famille des hybrides.

Son bois est dur comme fer, ses haies impénétrables. Tiens oui : ses haies. L’apparition du fil de fer barbelé, du « feu », et du remembrement ont bien failli la faire disparaître de nos paysages. Le mouvement semble toutefois s’inverser, même si les arrachages – règlementés en Belgique – se poursuivent çà et là. Outre leur rôle dans la préservation de la biodiversité et la stabilisation de sols soumis au lessivage, il est établi que la présence de haies vives, en procurant un abri au bétail, améliorent le confort et, partant, la productivité de celui-ci. Comme quoi, et ceci dit en passant, rien n’est plus variable au fil du temps et des découvertes que la notion de « rentabilité ».
Alimentaire et médicinale depuis la préhistoire, comme en attestent les noyaux retrouvés sur de nombreux sites archéologiques, la mise en évidence de sa vigoureuse action cardiaque est récente. Respecter les doses, donc !

Symboliquement, l’aubépine – dont la floraison annonce la fin des gelées – a valeur de renouveau, d’espérance dans la belle saison à venir. Elle est, avec le trèfle (à moins que ce ne soit l’oxalis), associée à un st. Patrick dont les attributs ressemblent curieusement ( ?) à ceux des druides. C’est elle encore dont on retrouve la fleur dans la « rose » héraldique et celle des Rose+Croix. Plus symbolique que ça…
«... Brume dans les bleutés où le ciel se mélange
Comme à se marier aux ocres de la fange
Dis-moi la basse bise, les schistes éclatés
La rivière insoumise, les parfums de l’été
Quand fleurit l’aubépine
Blanche épine, aux sentiers de mon cœur
Chemine cheminant pèlerin de ce monde
Où tout s’en va passant, va t’en dire à la ronde
Quand tu auras posé ton sac près des genêts
Qu’ils sont dans mes pensées, et que je reviendrai
Quand fleurira l’épine
Blanche épine, aux sentiers de mon cœur.»
P@3ck
Crataegus monogyna Jacq. – Crataegus oxyacantha Jacq.
Épine de mai, épine blanche
Wallon : blanke èspène (blanke-sipènne), åbe-di-spènne, årdispènne, pètchalî