L'arrêt de la destruction volontaire n'a pas enrayé le déclin des populations de loutres pour autant. Située en fin de chaîne alimentaire, elle accumule en effet les polluants contenus dans ses proies, avec des conséquences allant de la stérilité à la mort.

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Différentes analyses réalisées sur des cadavres récoltés à travers toute l'Europe ont montré une intoxication parfois importante de certains spécimens par les métaux lourds et par les polychlorobiphényles (PCB). Il est admis, mais pas prouvé, que des teneurs dépassant 50 Hg de PCB par kilo de poisson frais présentent un risque certain pour les loutres. Des mesures effectuées dans différents poissons de la Meuse, de l'Ourthe, de la Sûre et de l'Our montrent clairement que ces valeurs sont souvent dépassées.
Par ailleurs, quantité de milieux aquatiques favorables ont été détruits par des travaux d'hydraulique ayant affecté à la fois les ressources piscicoles et leur capacité à offrir des abris sûrs. En outre, l'intensification du tourisme de masse sur les rivières a contribué à augmenter les sources de dérangement.
La sauvegarde de la loutre n'est donc envisageable que si elle est prise en compte dans toutes les politiques d'utilisation de l'espace en milieu rural: conservation de la nature, bien entendu mais surtout aménagement du territoire.
LIFE
L'Ardenne, par sa position médiane, est amenée à jouer un rôle essentiel dans le maintien de l’espèce à l’échelle européenne. Elle constitue en effet un véritable couloir de liaison pour la mise en connexion de populations en expansion au nord et au sud de l’Europe.

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Sur la base de ce constat, et poursuivant sur la lancée d'une dynamique initiée par le WWF et les RNOB dans les années '70, le Parc Naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier a mis sur pied un vaste projet transfrontalier visant - sur près de 250.000 hectares - à enrayer le processus de disparition des loutres en Belgique et au Grand-duché : le "LIFE LOUTRE", qui associe les Parcs Naturels de Haute-Sûre Forêt d’Anlier, des Deux Ourthes, des Hautes-Fagnes Eifel, de l’Our et de la Sûre, ainsi que le centre de recherche public Gabriel-Lippmann.

Durant les prochaines années, l’équipe LIFE travaillera à protéger les berges du piétinement ; à reconstituer les forêts rivulaires ; à convertir les fonds de vallées enrésinés ; à augmenter la productivité piscicole et à restaurer des abris diurnes et de reproduction de l’espèce.
Ces actions de restauration des milieux naturels et d’amélioration de la qualité de l’environnement profiteront à la loutre mais également à la flore et la faune. Les bénéfices de ces actions pour les populations de poissons seront donc directs (zone de frai, circulation) et indirects (ressources alimentaires, abris). La loutre fait ainsi figure d’espèce parapluie, garante de l’équilibre de tout un écosystème.
PANDORE
Zeus remit à Pandore une boîte contenant tous les maux de l'humanité enfermés par Prométhée pour protéger les hommes, en lui conseillant bien de ne jamais l'ouvrir. Un vicelard, ce Zeus. Bref, il arriva ce qui devait arriver : cédant à la curiosité, la belle ouvrit la boîte. De sorte qu'elle libéra les fléaux, maladies et malheurs qu'elle contenait. Elle la referma trop tard pour les retenir, et seule l'Espérance y resta.

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"Espérance". Un bien joli nom, pour une loutre dont on sait désormais qu'elle représente l'un des meilleurs indicateurs biologiques de l'état des eaux de surface. Que son retour signifierait celui d'un bon état sanitaire de nos rivières, d'une réelle prise de conscience des enjeux environnementaux.
La pêche, sous nos latitudes, est devenue davantage une agréable détente qu'un moyen de lutter contre la faim. On sait par ailleurs où conduit la volonté de supériorité de l'homme sur la nature. Et si les légendes ont le cuir plus épais qu'on l'imagine, rares sont ceux qui seraient prêts à se faire, au propre comme au figuré, la peau d'une loutre de nos jours.
Celle-ci, contrairement sans doute au loup, au lynx voire au castor, bénéficie désormais d'un à-priori favorable. Son côté jouette, sympathique, et la symbolique écologique qu'elle représente ont pris le pas sur son aptitude à la prédation, dans un monde qui commence sérieusement à se demander s'il ne serait pas occupé à aller droit dans le mur.

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Bienvenue chez toi, donc, Madame la Loutre. Au fil de l'écriture de ces lignes, j'ai appris à te connaître mieux, à t'aimer davantage. Chaque pas dans ta biographie m'a amené à en franchir un autre, m'entraînant plus loin que j'imaginais aller au départ. Plus loin dans une réflexion globale.
Médiardenne ne pouvait trouver plus belle introduction à ses "animafiches". Et mon petit doigt me dit que tu pourrais bien devenir omniprésente dans nos pages...
P@3ck
Lutra lutra.
Wallon : lote
Ordre: Carnivores
Famille: Mustélidés
Taille: env. 1 m chez la femelle à 1,25 m chez le mâle (queue comprise).
Poids: mâle: en moyenne 9 kg; femelle, en moyenne 7,5 kg.

Traces : longueur du pas 80 cm environ ; cinq doigts disposés en arc de cercle parfait, trace des ongles - très courts - toujours en connexion avec celle des pelotes digitales. L'empreinte du pouce n'est pas toujours visible. Se déplace fréquemment par bonds. Sur les surfaces tendres, la queue laisse une trace.
Rut : n'importe quand au cours de l'année mais période préférentielle en hiver dans certaines régions.
Gestation : 61-63 jours. 2 à 3 jeunes par nichée, rarement 4 à 5. Naissent aveugles.
Allaitement : 3 à 4 mois.
Maturité sexuelle : 2-3 ans pour les femelles ; 2 ans pour les mâles.
Longévité : jusqu'à 15 ans en captivité. Dans la nature, rarement plus de 6-7 ans.