Comme nombre de cités ardennaises, le village de Bomal (Durbuy) se niche au cœur d'un paysage vallonné. En l'occurrence, par les vallées de l'Aisne et de l'Ourthe.
Il faut donc de bons mollets pour découvrir à pied les alentours de Bomal, mais les paysages offerts par les différents points de vue que nous allons découvrir en valent la peine.
Et puis, comme dit le proverbe : "Il faut souffrir pour être haut..."
A tout seigneur, tout honneur.

Le belvédère est, par définition, le roi incontesté des hauteurs. Celui de Bomal, s'il n'est plus de première fraîcheur, n'est pas dépourvu de charme. Vous l'apercevrez sans peine en arrivant à Bomal par la vallée de l'Aisne (depuis Manhay) qu'il balaie du regard sur sa gauche. De l'autre côté, il vous offre un magnifique panorama sur le village et des collines plus lointaines. Entouré de pins, il a un petit côté méridional qui ne lui va pas mal du tout.
Vous pourrez y accéder par la route, mais le mieux est d'emprunter le petit sentier - bordé d'une rampe - qui y mène depuis le pied de la falaise.
Les abords du petit pavillon sont particulièrement indiqués aux amateurs de sensations fortes. Ce qui semble être le cas de nombreux visiteurs, à en juger par les minuscules sentiers qui mènent aux bords extrêmes des rochers
Un minimum de prudence s'impose donc, surtout si l'on est en famille, pour découvrir ce fabuleux paysage

Sur la gauche, le belvédère embrasse le hameau de Juzaine. Ce dernier abrite le Tombeu et sa fameuse croix.

Visible du centre de Bomal, ce point de vue n'est pas moins intéressant que celui du belvédère, mais il n'est accessible qu'à pied.
Alors que l'Aisne passe au pied du belvédère, c'est l'Ourthe qui se promène ci-devant.
Assis au pied de la croix qui surplombe la cité, vous aurez tout le loisir de la contempler et de découvrir avec un œil différent le superbe château en briques rouges datant de 1774 côtoyant la vieille église (restaurée au 19e siècle) dont le cimetière abrite une tombe de 1537.
Devant vous s'étale la plaine du Sassin avec son accueillante aire de barbecue et sa plaine de jeux et qui, surtout, accueille chaque dimanche la célèbre "petite batte", un marché très fréquenté.

Perchée moins haut que sa consœur du belvédère, la croix du Tombeu doit son existence à une belle histoire.
En 1935, Guillaume Delsemme, marchand de bois habitant Juzaine, est victime d'un accident qui aurait pu lui coûter la vie. Après guérison et réflexion, il dit : "J'ai été sauvé par miracle. A cette intention et en remerciement, j'offrirai quelque chose." C'est ainsi que l'idée lui vient : une grande croix surplombera son village.
Chose promise, chose due : le 31 juillet 1939, la croix sur le Tombeu est inaugurée.
En chêne massif, elle mesure 5 mètres de haut pour 40 centimètres de section et fait face à la chapelle Saint-Denis (1684) située dans la vallée le long de l'Aisne.
Aux environs de 1960, un coup de foudre la fend dans la partie supérieure. Elle n'y résistera pas.
Elle sera remplacée d'abord par une plus petite par les services communaux, puis, à l'instigation du Comité des Fêtes local, par une nouvelle ayant les dimensions d'origine.
On ajoutera que les environs valent le détour, eux aussi.

La croix sur le Tombeu, fidèle réplique de celle qui fut placée ici peu avant la seconde guerre mondiale. Un lieu à visiter pour les amateurs de calme absolu…(Photo S.I. Bomal)

Sur l'autre versant du Tombeu se trouve l'entrée d'une grotte ayant abrité, entre 15000 et 9000 ans avant notre ère, un peuplement magdalénien.
Cette population, semblant provenir du sud-ouest de la France, travaillait l'ivoire de mammouth.
C'est dans cette matière qu'est confectionné un objet curieux qui a donné son nom à la grotte : le "Coléoptère". Actuellement, on croit qu'il s'agit plutôt d'un symbole sexuel féminin.
Bien d'autres objets et ossements ont été retrouvés dans la grotte, tous sont actuellement conservés à l'Université de Liège.
Il est possible de visiter cette grotte (qui fait environ 110 mètres de long) à condition, bien sûr, de s'équiper d'une lampe.

Difficile de deviner, en voyant l’entrée de la grotte du coléoptère, qu’elle permet de s’enfoncer de plus de cent mètres dans la colline du Tombeu.
Olivier Vidick