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Promenade commentée : Médiardenne sur Lienne
Ecrit par :Patrick Germain 06-11-2007
Les pommiers, ce jour-là, étaient en fleurs à Menil. Envie d’embarquer pour une incursion champêtre. Avec une carte, je le constaterai trop tard, aux itinéraires obsolètes. Mais qu’importe, après tout : en route pour la première « promenade Médiardenne ».


Au départ d'un ancien bâtiment industriel opportunément reconverti en appartements, entamons - après un léger crochet à gauche - notre chemin vers les villages jumeaux de Gernechamps et Brux en empruntant un sentier bucolique qui s’enfonce peu à peu entre ses talus.

Quelques foulées plus loin, suivons la grand’ route. Le temps de passer devant une fontaine et son abreuvoir, toujours usités ; mais surtout, devant l’une de ces croix d’arkose qui, tant qu’à présent, conservent leur(s) secret(s).

Nous traversons la chaussée en prenant les précautions d’usage, afin emprunter le balisage (losanges bleus) du réseau Tarpan. Quelques dizaines de mètres, et nous voici arrivés à l’un de ces rendez-vous qui privilégient le promeneur curieux : avant de traverser le ruisselet, jetez donc un coup d’œil sur le bas-côté. Outre une colonie de populage des marais dont les taches dorées éclatent sous l’ombrage, penchez-vous donc sur l’aqueduc et son dallage de schiste. Fini le macadam : compagnons voici la route, qui s’élance vers le ciel. En toi fais silence, écoute, son impérieux z’appel… non, rien... des réminiscences… :o)

Coup d’œil sur la vallée de la Lienne et ses paysages bocagers qui nous accompagneront quasiment tout au long de cette promenade. Au point de vue du « Beau ru », nous sommes à 440 mètres. Entamons la descente. Tiens, celui-la nous ferait une petit sortie clandestine que ça ne nous étonnerait guère.

Un carrefour se présente : suivons sa branche gauche. Celle-ci nous donne entre autres l’occasion de croiser l’un de ces pins qui, isolés ou en petits bouquets, émaillent ce versant de la vallée. Témoignage silencieux d’un amoureux de l’essence en question ? Allez savoir. Toujours est-il que le fait est là.

La stellaire, la bugle et le myosotis adornent le bas-côté du sentier qui, après avoir laissé une exploitation agricole sur sa gauche, traverse la chaussée. Attention : ça roule. Vite, souvent. 

Petit crochet pour admirer d’un peu plus près la floraison d'un pommier sauvages et nous poursuivons la descente. Celle-ci nous mène au site de l’ancien moulin à farine d’Odrimont. Outre celui-ci, devenu résidence secondaire et dont les traces du bief sont encore visibles, le ponceau qui enjambe la Lienne parallèlement au gué, mérite qu’on s’y attarde.

Il s’agit en effet de l’un de ces « ponts de chayes » typiques de la région, où l’exploitation du schiste fut longtemps florissante. Un petit patrimoine dont on commence enfin à comprendre l’importance : Lierneux n’est pas en reste. Nous le constatons ici, et le verrons ailleurs.

Le temps de nous laisser bercer quelque temps encore par le friselis de la Lienne, et allons-y, voulez-vous ? Une haie d’essences mélangées et trois vaches Galloway plus loin (celles-ci font partie des moyens de gestion douce mis en place dans la réserve domaniale des Prés de la Lienne), n’en faisons qu’à notre tête : Lierneux vaut bien qu’on y revienne. Au carrefour avec la route asphaltée, abandonnons le balisage et suivons donc celle-ci à gauche, en direction du hameau de La Vaux.

Tiens, justement : des Galloway . Le nid n’est pas loin :o) Aussi impressionnantes que pacifiques, ces vaches semblent sortir tout droit d’un décor rupestre.

Pas loin, non plus, la source et son abreuvoir. Ceux-ci constituent l’un des fils rouges de la préservation du petit patrimoine à Lierneux, que nous évoquions plus tôt..

Traversons le quartier de La Savinne et ses coquettes propriétés nichées dans la verdure pour rejoindre La Falize. Entre la Lienne et sa falaise, au sommet de laquelle est érigé un belvédère, le hameau présente une curiosité architecturale. Et puisqu’une photo vaut mieux qu’un long discours ; gros plan sur l’annexe et son séchoir, au pied du rocher. C'est pas Monaco, ni Gibraltar, mais ça a de la gueule, pas vrai ?


Petit crochet et grimpette vers le belvédère, d’où nous découvrons Lierneux sous un angle qui nous réconcilie avec les phyllades qui rendent l’ascension – et surtout la descente – un rien sportive.

Et puisque nous avons su descendre, nous allons bien devoir remonter. Non, on ne retourne pas sur ses pas : on grimpe ! Si, si. Et tant qu'à faire, prenons une petite leçon de tenacité en observant au passage quelques murets stabilisateurs en pierre sèche, enfouis sous la verdure ; témoignages du savoir-faire et de l’entêtement des anciens, confrontés aux caprices de la terre d’Ardenne.

Ne nous préoccupons plus du fléchage, et poursuivons notre promenade en longeant le vallon du Gaulin, traversant au passage un bouquet de chênes malmenés par les vents

Notre promenade croise ensuite une voirie agricole que nous empruntons, en prenant à droite, vers le point de vue de Chevroûmont et ses 435 mètres d’altitude. Une petite halte s’impose, dans l’ombre légère des bouleaux.

On y est ? Ni à gauche (Brux), ni à droite (Verleumont) : tout droit, vers la crête. Laissons un bouleau isolé sur notre droite et continuons la montée en nous enfonçant dans le sous-bois du Thier del Preu. Le passage sous la ligne à haute tension nous donne l’occasion de nous pencher sur un hôte commun de l’Ardenne : le genêt à balai(s).

Parvenus à un « Y », longeons la crête en empruntant la branche de gauche. Avec un peu d’attention, nous découvrons les vestiges de « foxholes », trous de fusiliers creusés durant l’offensive Von Rundstedt. De terribles combats ont eu lieu, ici, durant l’hiver 44 – 45. Comme tant d’autres dans la région, le village de Sart, à présent si paisible, a connu des heures douloureuses.

Ces curieuses pierres, d’un blanc crémeux, qui parsèment l’assiette du chemin ? Du coticule.

L’exploitation de cette pierre à aiguiser si particulière, qui vous fait les tranchants les plus nets, fut longtemps florissante dans la région. Mais son extraction, souterraine, devint de moins en moins rentable au fil du temps. Une seule entreprise subsiste, qui exploite à présent le gisement à ciel ouvert. Et si la « jaune » représente toujours le fin du fin, la « bleue », longtemps considérée comme quantité négligeable, se taille – c’est le cas de le dire – un beau succès en raison d’un rapport qualité / prix intéressant.

Sacré boulot, même si les carriers ne descendent plus dans les entrailles de la terre.

Poursuivant notre promenade, nous arrivons bientôt au monument commémoratif des combats qui se sont déroulés ici. Un petit crochet s’impose. Par respect, sans doute. Mais surtout pour méditer un instant, à l’heure ou l’iniquité et la connerie humaines risquent de faire bégayer l’Histoire.


Mais soit. Revenons quelques pas en arrière et, après avoir fait plus ample connaissance avec le lamier blanc, empruntons la branche droite de la fourche qui se présente à nous. Celle-ci vient de connaître d’importants travaux : vous ne pouvez pas la louper. C’est elle qui va nous permettre de rentrer doucettement vers Menil, en jetant un coup d’œil vers Goronne, Vielsalm et la vallée du Glain, voisine. Notons au passage la différence entre le paysage dans lequel nous évoluons et celui de la vallée de la Lienne.

Pas de croisements, avant celui avec la chaussée, sur les ultimes hectomètres de notre pérégrination du jour, qu’un milan royal survole.

Bientôt, le retour à l’écurie s’annonce : suivons la route, à gauche, et rejoignons notre point de départ non sans nous arrêter un moment pour admirer un bel exemplaire d’architecture locale.


Là-dessus, je vous laisse. Et rejoins la solitude de l’austère bureau menilois d’où il ne me reste plus qu’à… Bon, elle vient, cette compassion, oui ou non ?!! ;-) 

P@3ck

 

 

 



Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain

Note :

Caractéristiques :

Carte : Tarpan Vielsalm - Lierneux (SI et Maisons du Tourisme)

Kilométrage : 15 km. Durée : 5 heures environ.

Difficulté : 2/5

Pour tous.

Intérêts : paysages - petit patrimoine – histoire - flore – halieutique - quiétude.

Accès : moyens personnels conseillés.




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