À l'écart des flux migratoires saisonniers, la vallée de l'Our préserve la beauté sauvage de ses contrastes. En route pour Burg-Reuland, et une délicieuse promenade familiale.

La promenade à laquelle je vous convie aujourd'hui est agréable à plus d'un titre : une dizaine de kilomètres nous attendent, sans difficulté majeure, sur des chemins bien aménagés dans un environnement enchanteur.

Tout commence au pied du château de Reuland par lequel un crochet est inévitable. Mais il sera toujours temps d'y revenir au retour de cet itinéraire de la Brachter Berg, matérialisé par des rectangles verticaux de couleur bleue sur fond blanc. Attention, car si le bât blesse quelque part, c'est à ce niveau. Trop d'évidences tuent l'évidence : les traceurs semblent l'avoir oublié, qui auraient pu ajouter quelques repères supplémentaires sur le parcours. Un défaut somme toute mineur, que la carte compensera. Pour peu qu'on s'y réfère régulièrement.
Petit crocher par l'église, où l'on découvrira entre autres le mausolée de marbre des dernier Von Pallant.
Et allez zou, en route, pèlerins ! L'accotement en saillie longe la vallée par la gauche, en direction de Steffeshausen. Une manière bien agréable pour découvrir en toute sécurité cette portion du village dont les maisons proprettes indiquent sans équivoque que nous sommes ici dans les Cantons de l'Est : rien dans l'esbroufe, tout dans la netteté !

À peine quelques villas, parmi lesquelles celle abritant à la fois deux musées - dont celui consacré au poète Paul Gérardy, la bibliothèque locale et la gendarmerie, rompent-elles un alignement tracé au cordeau.

La vallée que nous suivons est celle de l'Ulf (du germanique Wolf – Loup). Elle est longée par un Ravel sur lequel nous aurons l'occasion de revenir, au propre comme au figuré. Au sortir de l'agglomération, l'accotement en saillie s'interrompt. Inconvénient mineur, dans la mesure ou celui de plain pied est praticable, qui nous mène rapidement à une petite chapelle devant laquelle nous passerons, laissant à gauche la route menant à Maspelt, par Bracht.

Une bande de mésange huppées, invisible sous le couvert, nous accompagne durant cette belle après-midi d'automne. Sans doute se cachent-elles entre autres à l'abri des prunelliers dont l'abondance vaut bien qu'on y consacre une végétafiche. Et, pour les amateurs, un peu de patience : après les gelées, leurs fruits seront mûrs pour entrer dans la composition d'un alcoolat bien connu des Ardennais, germanophones ou pas.

La vallée de l'Our nous accueille à présent. Nous allons remonter son cours. Entre Manderfeld et Wallendorf (Grand-Duché) les quelque 78 kilomètres de la rivière et de sa crête orientale matérialisent souvent les frontières avec l'Allemagne voisine. Le secteur que nous découvrons ne compta pas parmi les plus agités de la Bataille d'Ardenne. On en retiendra essentiellement les combats menés par les restes du 424ème Régiment de la 106ème Division d'Infanterie US - alors poursuivis par la 62ème Division de Volksgrenadiers - se repliant vers Burg-Reuland, le 17 décembre 1944, pour échapper au désastre du Schnee-Eifel.

Puissent de tels événements ne plus jamais troubler la majestueuse quiétude des lieux.

Quittant la route principale, nous ne tardons pas à rejoindre le tracé du Ravel. Un régal pour les pieds, dont nous allons suivre l'assiette de poussier ocre plusieurs kilomètres durant.

Mais avant de dérouler l'ample foulée caractérisant notre altière démarche... comment ça : « Mathieu a disparu » ? Découvrons donc – Mathieu étant ressorti de son fossé - le site de l'ancienne gare de Reuland : tout le monde descend, un quart d'heure d'arrêt ! Ça le vaut bien.

Le temps de faire le plein de la chaudière et du tender, retour à la vallée de l'Our.
En images, c'est mieux. Ah oui, au fait : au cas ou vous auriez laissé votre portable allumé, notez que sa fréquence passe désormais par le réseau allemand.
Car du périple, avant d'atteindre Auel, que retenir sinon l'essentiel : la beauté tranquille de l'espace qui nous entoure.
L'itinéraire prévu nous fait effectuer un crochet par le village. Je vous attend à l'autre bout, préférant jouir encore de la quiétude. Et découvrir, outre un tracteur antédiluvien, les reliefs d'une plaine de jeu désormais obsolète évoquant quelques souvenirs personnels dont vous n'aurez pas grand chose à faire sans doute : n'hésitez pas à découvrir, entre autres, le maître-autel de l'église St. Josef.
Là-dessus, il suffit de passer le pont pour pénétrer dans un goulet de la vallée, prélude à la seule difficulté du parcours.
Encore celle-ci est elle très anecdotique : quelques hectomètres d'une déclivité sans mauvaise surprise, sur un sol égal. Êtes-vous dans un jour « sans » ? Pas de problème. Ici, comme partout ailleurs sur le parcours, ce ne sont pas les bancs qui manquent. Un bon point de plus.
D'ailleurs, revoici le poussier, présent dès les premiers mètres du méplat qui nous amène sur les contreforts du plateau de Maspelt. L'horizon s'ouvre, subitement, au sortir de la pessière, découvrant une vue propre à couper le souffle.

N'est-ce pas votre avis ?

Bien sur, il y a ces foutues éoliennes, sur lesquelles je ne tarderai pas à balancer un tir aussi groupé que motivé en ces lignes. Le temps passant, les duplicités ont tendance à me courir de plus en plus sur le haricot. Celle-ci me fait littéralement sortir de mes gonds, et le premier qui me dit que c'est beau, je lui mords cruellement l'oreille !
Non mais. Allez, quelques mètres encore et c'est un autre paysage qui va s'offrir à nous depuis un abri confortable.

Le village s'appelle Bracht, dont les détails vont s'affiner à mesure que nous allons avancer vers lui par le biais d'une pente que nous ne regretterons pas d'emprunter dans le bon sens. En le traversant, nous allons découvrir ce même et adroit mélange de tradition et de modernité qui constitue l'un des charmes communs à la plupart des villages des Cantons de l'Est. 
Le château vaut le détour.

Mais il n'est pas le seul.

Tant s'en faut.

N'en oubliez pas pour autant de rester attentifs, faute de quoi vous allez vous retrouver hors-circuit. C'est, en l'occurrence, ce qui est advenu ce jour la. Au sortir de Bracht, continuez tout droit, traversant les champs en direction de Burg-Reuland.
Pas de panique, si vous loupez le coche : la route de la vallée vaut le détour, elle aussi. Tronçon en zone humide, survolée par des rapaces dont la bonne santé et le nombre en dit assez sur la réserve de nourriture qu'elle constitue pour eux, l'erreur ne manque pas de compensations visuelles, auditives et odorantes.
Elle permet, aussi, de revoir la chapelle de Weweler, qui domine la crête
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Retour à Burg-Reuland, où nous ne bouderons pas l'épicerie-café-restaurant du coin. Assez typique, elle-aussi, des Cantons de l'Est, l'accueil y est sympathique. Et la porte s'ouvre toute seule. Oui, je sais, ça surprend.Là-dessus, je vous laisse savourer à votre aise l'instant particulier que constitue le point final de toute promenade réussie. Et celle-ci l'était, dont le souvenir, à n'en point douter, vous donnera l'envie de revenir découvrir d'autres parcours en ces lieux enchanteurs.>À bientôt, pèlerins, pour de nouvelles aventures sur d'autres chemins de traverse.
P@3ck
Carte : "Burg-Reuland / Ouren + La vallée de l'Our aux Trois Frontières" (SI Sankt-Vith et Maisons du Tourisme) – Fléchage par rectangles bleus verticaux.
Kilométrage : 10 km. Durée : 3 heures environ.
Difficulté : 2/5
Pour les familles
Intérêts : paysages – petit patrimoine - quiétude.
Accès : moyens personnels conseillés.