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Le cheval de débardage
Ecrit par :François Rion 26-10-2007
Le cheval au travail dans nos forêts - un paradoxe aujourd'hui ?


Falco et Jacques.

 

 

Avant la frite, le cheval.

 

La Belgique est héritière d'une riche tradition en matière d'élevage de chevaux de trait. Dès le début du siècle, notre pays acquiert une réputation mondiale quant à la qualité de sa production chevaline. A cette époque, les chevaux agricoles étaient en nombre très largement majoritaires par rapport aux chevaux légers, alors que depuis les années 60, cette proportion s'est nettement inversée. Les chevaux de sport ou de loisirs représentent maintenant la masse de la population chevaline.

Tant les Ardennais que les Brabançons (aujourd'hui appelés Trait Belges), s'exportaient alors dans le monde entier, l'Allemagne, la France, la Hollande, les Etats Unis, la Russie même réclamaient des chevaux Belges. En 1913 la Belgique comptait 267.160 chevaux, employés dans l'agriculture, le transport des marchandises ou des personnes (les diligences, les trams), les mines, le halage des bateaux, sans oublier l'armée. La mécanisation, dans les rangs militaires d’abord, dans l'agriculture ensuite a sonné le glas d'une production qui fit la fierté de notre pays durant plus d'un demi siècle.

Un magnifique harnachement sur un magnifique alezan. Il s'appelle César (... et n'y est pour rien NDlR... ;-)

 

Nous n'irons plus au bois!

 

Durant des siècles le cheval fut l'équipier du travailleur rural, à la ferme ou au bois. La mécanisation, en quelques saisons, l'a presque rayé du paysage campagnard. Les images de l'agriculteur triomphant ramenant pour la première fois son nouveau tracteur dans la cour de la ferme, entouré des voisins envieux, sont encore présentes dans nos proches souvenirs. Paradoxalement, le même homme écoutait la mort dans l'âme et la larme à l'oeil, les derniers hennissements de son compagnon emmené dans la bétaillère du maquignon; vers une destination qu'il pourrait être bien trop pénible de rappeler. Le monde rural s'accrochait au train du progrès sans toujours en connaître la destination.

 

Heureusement, une "poignée d'irréductibles" a gardé vissée au corps la passion du cheval de trait. Contre vents et marées, ils se sont entêtés à conserver, entretenir, reproduire et améliorer une espèce animale qui sans eux, aurait déjà rejoint le dinosaure au musée.

 

Le cheval lourd risquait pourtant de devenir une sorte d'animal de compagnie de luxe, ou pire, n'avoir comme seul débouché que l'assiette du gourmet. Mais les amateurs réagissent et tentent actuellement une reconversion vers des activités sportives ou de loisirs. C'est ainsi que l'on voit de plus en plus fréquemment des manifestations ou compétitions où prennent part des chevaux lourds.

Le travail en forêt est un métier solitaire. Ici Marc et Poulette passeront la journée ensemble avec les oisaux pour seule compagnie. Peut-être le garde forestier passerat-il aujourd'hui.

 

Un défi au temps?

 

L'histoire n'est heureusement pas finie. Le débardage forestier perpétue les activités professionnelles du cheval.

On pourrait s'en étonner, quand toutes les productions ou services sont envahis par les technologies les plus pointues, le cheval garde encore sa place dans la production forestière.

Il reste un défi au temps qui passe.

Nous devons au débardeurs de nos régions d'avoir su s'adapter et adapter leur travail aux exigences nouvelles de la production. Il est important de dire: "de nos régions", car le débardeur wallon est toujours pris pour référence dans l'Europe entière. Si bien, qu'aux concours de traction organisés chez nos voisins, immanquablement, les "nôtres" occupent les marches du podium. On trouve exemples les plus probants au Salon de l'Agriculture de Paris où à chaque participation nous récoltons les premières places. Chaque année, ils sont conviés en France, en Allemagne ou ailleurs a faire la démonstration de leurs savoir-faire et compétences.

Si le cheval au travail devient un spectacle rare, l'attelage de deux chevaux devient exeptionnel. Zorro et Gamin.

François Rion

 

 

 



Crédit(s) photographique(s):François Rion



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