J'avais en tête, ce matin, des relents de cour de récré : "Y nèèèèèch' ! Y nèèèèèch' Y nèèèèèèèch' !" Avec l'accent, et répété à l'envi.
Car imagineriez-vous l'espace d'un instant, Pèlerin malicieux, une bande de garnements en galoches ("...des bonnes, sé tu m'fi." Des "qui font mal aux pieds mais que c'est pas grave, qu'elles se prêteront et qu'au prix où elles sont...") s'écriant doctement, en lieu et place de "Y nèèèèèèch !" : "Noël, Noël, voici les blancs flocons !" ? Que nenni ! Que nenni !

Bref, ça y est : y nèèèèch ! En d'autres termes : il neige. Noël, donc. De blancs flocons éclosent qui posent sur l'Ardenne, estompant ses cambrures, l'ouaté tant attendu par tant et tant tentés à tâter le terrain terré sous la toison d'immaculés espaces. Diantre !

Là-dessus, n'allez pas pour autant dépendre vos lattes à fractures : ça ne devrait pas durer, et la texture de l'ouaté tant attendu (...) est plutôt flatchisse. Du tcha-tcha, autrement dit. Hmmm ? Humide, oui, si vous préférez. Mais le "tcha-tcha", c'est comme "Y nèèèèch !" Ou comme : "Mildjû, 'fallait bien ça !" Ca vous fait de la neige une actrice de terrain, intégrée dans les données génétiques de l'Ardennais avec plus ou moins de sympathie en fonction de son activité.

Lequel Ardennais, soit dit en passant, n'en peut plus de mélanger doudounes et vestons sur des porte-manteaux surchargés. Car pour mémoire, la semaine dernière, l'auteur de ces lignes crevait littéralement de chaud sur les rochers du Ninglinspo. C'est ça aussi, l'Ardenne, terre de contrastes.
Et ça vous explique un peu pourquoi il nous arrive d'être quelque peu déconcertants. Le terroir, même en 2007, vous marque un bonhomme. De neige.

Allez, là-dessus, je m'en vais rendre visite à mon pote Jean, histoire de se marrer un peu en regardant le journal télévisé. Ca doit foirer dur, chez ceux des plaines. Et n'allez pas imaginer un seul instant que l'Ardennais soit d'un naturel moqueur ; nous compatissons, voila tout ;o)
Y nèèèèèèèèèèch' ! Y nèèèèèèèèèèèèèèèch ! Y nèèèèèèèèèèèèèèch !