À force, on n'y croyait plus. Pourtant, mardi, en ouvrant un oeil encore ensommeillé en direction des vieux chênes qui constituent l'ordinaire de mes réveils, pas de doute : il avait neigé. Bon. Direction la première bolée de chicorée. Je suis du genre diesel.

Tentures. Bouilloi... euh, attends. D'accord. Il a BIEN neigé. Là-dessus, je craque un “ mildju „ avec ses garnitures, et j'émerge en plein blizzard. Dans les quinze centimètres : c'est tout bon.

Non. C'est pas “ tout bon „. C'est bon pour la terre, bon pour les gamins, bon pour les pistes de ski, le tourisme et le moral, mais c'est pas bon pour l'électricité : désertion, l'électricité. Bien. J'y reviendrai. En attendant, je chausse mes bottes et m'en vais faire un tour du village avant d'aller soigner les poules et boire la jatte chez Jean-Baptiste.

Nathan pète la forme : la neige, ça restera toujours une grande affaire pour les p'tits spirous*, et c'est très bien ainsi.

Pour les hommes du déneigement, c'est surtout un boulot. Eux, c'est “ ceux de la commune „ ; le Roi Richard et les autres sont passés aux petites heures sur feu les nationales. On ne remerciera jamais assez ces bonshommes. Et tant pis pour les inévitables râleurs.

Petit matin d'Ardenne, surpris par une chute de neige aussi conséquente que subite. Tout ça ne fera pas une saison, mais je ne vais pas vous faire le coup des “ hivers qui 'sont plus ce qu'ils étaient „, n'est-ce pas ? Alors, profitons-en tant qu'elle est la.
*écureuils – terme affectueux pour désigner les enfants, en Ardenne