En Belgique, voilà plus de 20 ans qu’il est possible de voler en parapente. Quelques années plus tôt, le deltaplane et le planeur ouvraient déjà la voie du vol libre. Aujourd’hui les meilleurs pilotes dépassent régulièrement pendant leurs vols les 100 kilomètres jusqu’à rejoindre et parfois même dépasser l'Ardenne française lors de vols de plus de 200 kilomètres.
Un parapente est un planeur léger, composé d’une aile souple reliée à un harnais par un réseau de suspentes en matériaux résistants. Assez stable, on peut y rester assis pendant plusieurs heures.
Il possède également une aile profilée, un peu comme celle d’un avion ou d’un oiseau. Le résultat des forces combinées permet un vol plané d’une finesse allant de sept à neuf, c'est-à-dire qu’il est possible de parcourir sept à neuf cent mètres horizontalement en partant d’une hauteur de cent mètres.

En para(chute de)pente il est donc question de vol avec phase de décollage et d’atterrissage, et non de saut. Seuls les pilotes de voltiges se réservent les sauts extrêmes.
Au sein de la fédération belge de vol libre qui compte les adeptes du deltaplane et du parapente, on recense pas moins d’un millier de pratiquants. La fédération gère les sites, administre des cours, des examens, les brevets et organise des compétitions. En Belgique et à l’étranger, plusieurs écoles offrent la possibilité d’apprendre à voler à l’aide de cours, d’initiation, de stage etc.
DES SITES
On peut trouver des site de vol aux portes des Fagnes, au fond de la Gaume et au bord de l’Ourthe. Sur quelques terrils du Hainaut et même sur les dunes de la côte il est également possible de décoller, tracté par un câble et largué à quelques centaines de mètres du sol. Certain sites de part leur complexité ne sont réservés qu’aux pilotes brevetés.

Pratiquer le parapente en Belgique, n’est pas du tout une ineptie. Depuis l’avènement des nouvelles ailes, des heures de vol sur site ou vols de distance sont tout à fait possibles. Toutefois il faut s’accrocher, et rester motivé car la météo et le dénivelé ne laissent pas beaucoup de place à l’erreur.
ÉCOLO ?
Le faible impact environnemental de ce sport, hormis les kilomètres parcourus en voiture afin de rejoindre les différents décollage, est un des ses atouts.
Voler sous une aile de nylon à une vitesse variant de 30 à 50 km/h procure également souplesse et confort. Certain ont tendance à vouloir se coller un moteur sur le dos et profiter de la liberté du cycliste en Solex, mais cela n’est plus du parapente, juste du para moteur. Attention : à ne pas confondre.

Décoller dans un cadre souvent très joli, prendre quelques centaines de mètres de hauteur, atteindre des altitudes pouvant dépasser les deux milles mètres, le tout avec un grand K-Way multicolore et quelques ficelles, reste une sensation magique.
De plus, il n’est pas rare de voler avec quelques rapaces locaux, quant ce n’est pas avec les vautours des alpes ou des Pyrénées. Il est bon également d’observer les hirondelles qui chassent les insectes logés dans une ascendance thermique - car celle-ci va nous hisser jusqu’au cieux - pour se poser ensuite après quelques heures de vol. Soit à l’atterrissage officiel du site ou dans un champ et, après quelques kilomètres de cross dans ce dernier cas de figure, de déguster ce que l’on a emporté dans son sac ou de rejoindre d’autres pilotes à une terrasse et regarder les derniers rayons de soleil dessiner de longues lignes.
ENSEMBLE
Comme beaucoup de sports nature, les saisons rythment le mode de vie des pilotes, bien qu’il soit possible de voler toute l’année en Belgique. Certain accusent plus de 150 heures par an au-dessus de notre sol.
Au jour le jour, celui ou celle qui a été contaminé par ce virus regarde le ciel comme une promesse, vérifie la météo comme un courtier s’intéresse au Bel20 et se démène avec son entourage, son travail et ses autres obligations afin d’être libre de prendre quelques heures voire quelques jours pour se fondre dans la masse d’air qui lui titille les cheveux.

C’est un sport individuel qui se pratique en groupe, où le seul combat est le geste et l’analyse parfaits afin de rester le plus longtemps en l’air, monter le plus haut et partir le plus loin. Loin des autres piétons, ce qui donne un sentiment extra terrestre une fois le pied reposé sur terre.
On pourrait assimiler le parapente en Belgique aux premiers années du surf en Californie : pratique discrète, assez propre, source extraordinaire de sensations, quelque peu marginale.
Alors si vous vous promenez en Ardennes un jour de beau temps, levez le nez et vous apercevrez peut-être ces petits planeurs multicolores.