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Dossier Celtes : la langue bretonne (...) polémique 2
Ecrit par :Patrick Germain 31-10-2007
Et la Rédaction, là-dedans ? Ben, la rédaction ne se mouille pas, elle cite :o)

« (…) Mais parlons tout d’abord de la doctrine officielle. Du point de vue linguistique, on divise le groupe celtique en insulaire, que l’on parle encore de nos jours, et en continental, ne comprenant que des langues mortes (…). En réalité, la linguistique traditionnelle a fondé cette classification presque exclusivement sur les langues appartenant au celtique insulaire ; ce qui a amené à une subdivision des langues celtiques en deux groupes, selon l’évolution de la labiovélaire sourde indo-européenne *kw. Celle-ci a évolué soit en vélaire (q), soit en labiale (p). D’où la distinction entre un « q-celtique » (ou goïdélique) en un « p-celtique » (ou brittonique).

Au groupe goïdélique appartient tout d’abord l’irlandais qui compte, au nombre des documents les plus anciens, les inscriptions que l’on appelle oghamiques (d’après l’alphabet utilisé) et que l’on peut faire remonter au IVème s. av. J.-C. : on distinguera par la suite trois étapes ; celle de l’ancien irlandais (jusqu’au Xème s.), celle du moyen irlandais (du Xème au XVème s.), celle de l’irlandais moderne (du XVème s. à nos jours) ; le goïdélique écossais, porté en Écosse au XVIème s. par des émigrants venant de l’Irlande et la langue de l’île de Man (…), sont des langues goïdéliques. Le groupe brittonique comprend le gallois ou kymrique et le cornique des Cornouailles (éteint au XVIIIème s. ; en outre, le breton que l’on parle dans l’extrême nord-ouest de la France, appartient lui-aussi à ce groupe (on suppose qu’il a été introduit par les habitants de la Grande-Bretagne, qui chassés par les Saxons, avaient franchi la Manche).

À cause de la disproportion des témoignages relatifs au celtique continental (…) et de ceux concernant le celtique insulaire (…), on a axé la grammaire comparée surtout sur le celtique insulaire, qui est devenu ainsi le celtique tout court ; mais il est évident que toutes les tentatives de reconstruction reposant exclusivement sur de telles bases ne peuvent être que partielles (…). Voilà pourquoi, dans ce panorama traditionnel, on ne devrait pas considérer le celtique continental que comme une série de données complémentaires, mais comme une raison qui devrait nous amener à revoir et à reconsidérer la définition elle-même du mot « celtique ». Dans le domaine des études traditionnelles, les sépcialistes identifiaient le celtique continental au gaulois dont on a des témoignages très rares et très obscurs ; au cours de ces dernières décennies de nouvelles recherches et de nouvelles découvertes ont permis de trouver de nombreuses sources gauloises et de (re)découvrir de fait deux autres zones où l’on a retrouvé, grâce à l’épigraphie, à l’onomastique et à la toponymie des variétés de celtique ; l’Ibérie (…), et de nord-ouest de l’Italie (…). (…) : il ne s’agit pas, dans la plupart des cas, de nouvelles connaissances purement linguistiques (…).

Les dernières nouveautés du « gaulois » ne concernent apparemment que les documents (…) tels que l’inscription de Chamalière et surtout celle du Larzac.

Les véritables nouveautés sont celles qui nous viennent de ces dernières découvertes, découlant de la révision de ce que l’on savait déjà, de la « gallicité » indirecte et d’autres éléments de ce genre : ce sont des nouveautés concernant la théorie et les méthodologies (…). Le gaulois n’est pas compact au point de vue linguistique, mais diversifié, comme on devait s’y attendre (…). (…) les linguistes ne sont pas encore près de découvrir le concept de variété : ce serait là un tournant important qui porterait à ramener les recherches concernant la variété linguistique dans l’aire du celtique et non pas à les fonder sur les unités celtiques que l’on a considérées à tort comme compactes, (…) »


Note :
C'est pas fini. Ca se déplace, même : ce 9 mai, un courriel nous informe que cet article fait l'objet d'échanges chez nos cousins Bretons : suivez le lien !
Amoureux de la Bretagne : forum
Source :
  • Aldo Luigi Prosdocimi « Langue et écriture des premiers Celtes » in « Les Celtes » EDDL Paris – 2001



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