Ambiorix régnait sur les Éburons, une tribu gauloise qui vivait entre Meuse et Rhin. En –54, ils infligent aux Romains leur plus grande défaite de la Guerre des Gaules.

En 57 av. J.-C., César libère les Éburons du joug des Aduatiques. Mais après la mauvaise récolte de blé de -54, une tension s’installe entre les Éburons et leurs "libérateurs" romains. César fait assassiner le chef Dumnorix. Les Trévires, une tribu de la vallée de la Moselle, jugent le moment opportun pour une grande révolte gauloise. Et veulent se servir d’Ambiorix comme diversion. Une nuit, le roi des Éburons attaque le quartier d’hiver de la XIIIIe légion romaine. L’attaque échoue. À première vue. L’audace de la ruse n’apparaîtra qu’après.

Les chefs du camp, Cotta et Sabinus, demandent à Ambiorix les raisons de son comportement : pourquoi les avoir attaqués, alors qu’ils sont en bons termes ? D’ailleurs, que pouvait-il avec ses faibles troupes contre la puissance romaine ? Ambiorix répond qu’il n’a pas eu le choix, qu’il devait attaquer parce qu’il se sentait obligé de collaborer au projet gaulois d’offensive de grande envergure.
Les officiers le remercient de la mise en garde et décident, par souci de sécurité, de se joindre à d’autres garnisons des environs. La Légion Gemina plie ses tentes, et abandonne ses quartiers. En chemin, dans une vallée étroite, Ambiorix attaque. Ses tactiques vont infliger aux Romains leur plus grande défaite de toute la Guerre des Gaules.

Le combat dura depuis le lever du soleil jusqu'à la huitième heure (14 - 15 h actuellement) Courant aux bagages pour y chercher les objets auxquels ils tenaient le plus, les légionnaires se font massacrer par centaines : « Ce n'était partout que cris et gémissements. » Mesurant le peu de chance qu'il a de se tirer de ce mauvais pas, Sabinus essaye de traiter avec Ambiorix. Il est massacré, avec son escorte.
Le légat Cotta ne connaîtra pas un sort meilleur : on le retrouvera mort parmi ses soldats. Les évaluations hésitent entre 6.000 (effectif d'une légion) et 15.000 (... selon les manifestants...) légionaires et auxiliaires tués ou débandés. Un carnage qui, soit dit en passant, est peu de chose en regard des massacres commis par César au préalable en Gaule Belgique et ailleurs. Il jura de se venger durement.

L'occasion allait lui en être donnée bientôt. Avec les Nerviens, les Aduatiques et les Ménapiens, Ambiorix organise un raid contre une autre garnison romaine de la vallée de la Meuse : celle que commande Quintus Cicéron, neveu de Cicéron. Seule l’intervention de César en personne, à la tête de ses troupes avançant à marches forcées, évitera un nouveau désastre.
Sa vengeance contre les Belgae, terme générique qu’il emploie à propos des tribus du Nord, sera on ne peut plus sanglante. Certains historiens parlent même de génocide. Le pays est dévasté et les femmes et enfants emmenés comme butin de guerre. Un des rares guerriers à échapper à la strangulation est Ambiorix, qui s’est littéralement volatilisé. Il aurait traversé le Rhin et se serait réfugié parmi les Germains.

Extermination ? Génocide ? Sans doute César n’épargna-t-il pas les Éburons. Mais s'il est bien question de pays dévasté, de ruines ; le manque de chiffres annoncés dans « De Bello Gallico » - où il est ailleurs si prolixe lorsqu’il s’agit de faire état avec force détails du nombre d'ennemis tués et d'esclaves vendus lors de ses victoires - montre qu’il eut bien du mal de mettre la main sur les Eburons. Ceux-ci sur ordre d'Ambiorix prennent le maquis et son armée se divise. Elle va mener pendant deux années une guerre d'usure et de guérilla. En -52 ils ne sont plus cités ; leur nom disparaît de l'histoire. Ils furent remplacés par la tribu germanique des Tungri (ayant laissé leur nom à leur capitale, Tongres*). Ambiorix, de fait, ne fut jamais capturé par César. Celui-ci lui adresse même quelques lignes quasiment mystiques dans « De Bello Gallico ».

Ambiorix en Ardenne ? C’est plus que probable. Pour autant de motifs que nous développons ailleurs.
P@3ck