César rentre en Gaule et marche contre Ambiorix : l'épilogue traduit une certaine fascination pour l'Éburon.

César rentre en Gaule et marche contre Ambiorix
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(1) César, informé par les éclaireurs ubiens que les Suèves s'étaient retirés dans leurs forêts, mais craignant de manquer de vivres (car on a vu plus haut que l'agriculture est fort négligée chez les Germains), résolut de ne pas s'engager plus avant. (2) Cependant, pour laisser aux barbares quelque appréhension de son retour et arrêter les renforts envoyés aux Gaulois, il fit couper, après que l'armée eut repassé le Rhin, deux cents pieds du pont du côté de la rive des Ubiens, (3) et élever, à l'extrémité opposée, une tour à quatre étages ; il y laissa pour garde une garnison de douze cohortes, et fortifia ce lieu par de nombreux retranchements. Il en confia le commandement au jeune C. Volcacius Tullus. (4) Comme les blés commençaient à mûrir, il partit lui-même pour la guerre d'Ambiorix, par la forêt des Ardennes, qui est la plus grande de toute la Gaule, et qui, s'étendant depuis les rives du Rhin et le pays des Trévires jusqu'à celui des Nerviens, embrasse dans sa longueur un espace de plus de cinq cents milles ; il envoya en avant Minucius Basilus avec toute la cavalerie, dans l'espoir de profiter au besoin de la célérité des marches et de quelque circonstance favorable. (5) Il lui recommanda d'interdire les feux dans son camp, afin de ne pas révéler de loin son approche ; et lui annonça qu'il le suivrait de près.
Ambiorix parvient à s'échapper. Catuvolcos s'empoisonne
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(1) Basilus suivit exactement ses instructions ; et, après une marche aussi prompte qu'inattendue, il prit au dépourvu un grand nombre d'ennemis répandus dans la campagne : sur leurs renseignements, il se dirigea vers le lieu où l'on disait qu'était Ambiorix avec quelques cavaliers. (2) La fortune peut beaucoup en toute chose, et surtout à la guerre. Car si ce fut un grand hasard de surprendre Ambiorix sans préparatifs de défense, et avant qu'il eût rien appris de l'approche des Romains par le bruit public ou par des courriers, ce fut aussi pour lui un grand bonheur, qu'après s'être vu enlever tout l'attirail de guerre qu'il avait autour de lui, et prendre ses chars et ses chevaux, il pût échapper à la mort. (3) C'est pourtant ce qui arriva, parce que sa maison étant située au milieu des bois (comme le sont généralement celles des Gaulois, qui, pour éviter la chaleur, cherchent le voisinage des forêts et des fleuves), ses compagnons et ses amis purent soutenir quelque temps, dans un défilé, le choc de nos cavaliers. (4) Pendant ce combat, quelqu'un des siens le mit à cheval ; et les bois protégèrent sa fuite. Ainsi la fortune se plut à la fois et à le jeter dans péril et à l'y soustraire.
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(1) Ambiorix ne rassembla point ses troupes ; était-ce à dessein, et parce qu'il ne jugea pas à propos de combattre, ou faute de temps, et à cause de l'obstacle qu'y put apporter l'arrivée subite de notre cavalerie, qu'il crut suivie du reste de l'armée ; c'est ce qu'on ne peut décider ; (2) il est toutefois certain qu'il envoya secrètement des messagers dans les campagnes pour ordonner à chacun de pourvoir à sa sûreté. Les uns se réfugièrent dans la forêt des Ardennes, les autres dans les marais voisins. (3) Ceux qui étaient le plus près de l'Océan se cachèrent dans ces îles que forment d'ordinaire les marées ; un grand nombre, quittant leur pays, se fixèrent, avec tous leurs biens, dans des contrées tout à fait étrangères. Catuvolcos, roi de la moitié du pays des Éburons, et qui s'était rallié à Ambiorix, vieillard accablé par l'âge, et également incapable de supporter les fatigues de la guerre ou de la fuite, après avoir chargé d'imprécations Ambiorix, auteur de cette entreprise, s'empoisonna avec de l'if, qui croit en abondance dans la Gaule et dans la Germanie.
Guerre d'extermination contre les Éburons
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(1) Les Sègnes et les Condruses, peuples d'origine germaine, qui habitent entre les Éburons et les Trévires, envoyèrent des députés à César, pour le prier de ne point les mettre au nombre de ses ennemis, et de ne pas croire que tous les Germains en deçà du Rhin fissent cause commune ; ils n'avaient nullement songé à la guerre, n'avaient donné aucun secours à Ambiorix. (2) César, s'étant informé du fait en questionnant les captifs, ordonna à ces peuples de lui ramener ceux des Eburons qui, après leur déroute, se seraient rassemblés chez eux, et leur promit, s'ils le faisaient, de ne commettre aucun dégât sur leur territoire. (3) Ayant alors distribué ses troupes en trois parties, il envoya les bagages de toutes les légions à Atuatuca. (4) C'est le nom d'un fort. Il est situé presqu'au milieu du pays des Éburons, dans le lieu même où Titurius et Aurunculéius avaient déjà établi leurs quartiers d'hiver. (5) César choisit cette position par divers motifs, et surtout parce que les retranchements de l'année précédente étaient entièrement conservés, ce qui devait épargner beaucoup de travail aux soldats. II laissa pour la garde des bagages la quatorzième légion, l'une des trois qu'il avait récemment levées en Italie, et amenées en Gaule. (6) Il confia à Q. Tullius Cicéron le commandement de cette légion et du camp, et lui donna deux cents cavaliers.
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(1) Partageant l'armée, il fait partir T. Labiénus, avec trois légions, vers l'Océan, dans le pays qui touche aux Ménapes ; il envoie (2) C. Trébonius, avec le même nombre de légions, vers les contrées voisines des Atuatuques, avec ordre de les ravager. (3) Il arrête de marcher en personne avec les trois autres, vers le fleuve de l'Escaut, qui se jette dans la Meuse, et de gagner l'extrémité des Ardennes, où il entendait dire qu'Ambiorix s'était retiré avec un petit nombre de cavaliers. (4) Il annonce, en partant, qu'il sera de retour dans sept jours ; c'était l'époque où il savait qu'on devait distribuer les vivres à la légion qu'il laissait pour la garde des bagages. (5) Il engage Labiénus et Trébonius à revenir le même jour, si l'état des choses leur permet de le faire, afin de se concerter de nouveau et de diriger la guerre d'après ce qu'on saurait des dispositions des ennemis.
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(1) Ils n'avaient, comme on l'a dit plus haut, nulle troupe organisée, point de garnison, point de place qui fût en état de défense, c'était une multitude éparse çà et là. (2) Se présentait-il un vallon couvert, un lieu boisé, un marais de difficile accès, qui leur offrit quelque espoir de sûreté ou de salut, ils s'y arrêtaient. (3) Ces asiles étaient connus des habitants voisins, et la chose requérait beaucoup de prudence, non pour protéger le corps de l'armée, car elle n'avait, en masse, aucun danger à craindre de la part d'ennemis effrayés et dispersés, mais pour la conservation de chaque soldat ; et d'ailleurs le salut des individus intéressait celui de l'armée entière. (4) L'appât du butin en entraînait plusieurs au loin, et l'incertitude des chemins, dans ces forêts épaisses, empêchait de marcher en corps de troupes. (5) Si l'on voulait en finir, et exterminer cette race de brigands, il fallait former plusieurs détachements et laisser agir séparément les soldats. (6) Si on voulait retenir ceux-ci près de leurs enseignes, suivant l'ordre et l'usage des armées romaines, la nature même des lieux faisait la sûreté des barbares, et ils ne manquaient pas d'audace pour dresser de secrètes embûches et envelopper nos soldats dispersés. (7) Mais au milieu des difficultés de ce genre, il fallait employer toutes les précautions possibles ; il valait mieux, quelque désir de vengeance qui enflammât nos soldats, faire moins de mal à l'ennemi que d'exposer les troupes à trop de dangers. (8) César envoie des messagers dans les pays voisins ; il les appelle tous à lui par l'espoir du butin, les invite à piller les Éburons, aimant mieux risquer, au milieu de ces forêts, la vie des Gaulois que celle des légionnaires ; il voulait au moyen de cette invasion d'une immense multitude, détruire jusque dans sa race et son nom une nation si criminelle. (9) Une foule nombreuse arriva bientôt.
Les Germains attaquent Cicéron dans Atuatuca
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(1) Les choses se passaient ainsi sur tous les points du pays des Éburons, et l'on approchait de ce septième jour, auquel César avait fixé son retour près des bagages et de la légion qui les gardait. (2) On vit alors tout ce que peut le hasard à la guerre et quels événements il produit. (3) L'ennemi était dispersé et frappé d'épouvante : il n'avait, nous l'avons dit, aucune troupe capable d'inspirer la moindre crainte. (4) Le bruit parvint au-delà du Rhin, chez les Germains, que le pays des Éburons était livré au pillage et que l'on conviait tous les peuples à cette proie. (5) Deux mille cavaliers se réunissent chez les Sugambres, voisins du Rhin, et qui avaient, comme nous l'avons déjà vu, recueilli dans leur fuite les Tencthères et les Usipètes ; (6) ils passent le Rhin sur des barques et des radeaux, à trente mille pas au-dessous de l'endroit où César avait établi un pont et laissé une garde. Ils envahissent d'abord les frontières des Eburons, ramassent une foule de fuyards dispersés, et s'emparent d'une grande quantité de bestiaux, dont les barbares sont très avides. (7) L'appât du butin les entraîne plus avant. Il n'est ni marais ni bois capables d'arrêter ces hommes nés au sein de la guerre et du brigandage. Ils s'informent des prisonniers en quels lieux est César ; ils apprennent qu'il est parti au loin et que l'armée s'est retirée. (8) Alors un des captifs leur dit : "Pourquoi poursuivre une paix si misérable et si mince, tandis que la plus haute fortune s'offre à vous ? En trois heures vous pouvez arriver devant Atuatuca : là sont déposées toutes les richesses de l'armée romaine ; (9) la garde est si faible qu'elle ne pourrait même pas border le rempart, et que pas un n'oserait sortir des retranchements." (10) Pleins d'espérances, les Germains mettent à couvert le butin qu'ils avaient fait, et marchent sur Atuatuca, prenant pour guide celui qui leur avait donné cet avis.
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(1) Cicéron, qui, tous les jours précédents, avait, selon les ordres de César, retenu avec le plus grand soin les soldats dans le camp, et n'avait pas même souffert qu'un seul valet sortît du retranchement, le septième jour, ne comptant plus sur l'exactitude de César à revenir au terme fixé, d'autant plus qu'on annonçait qu'il s'était avancé au loin, et que l'on n'avait aucune nouvelle de son retour, (2) céda aux plaintes des soldats, qui disaient que sa patience équivalait à un siège, puisqu'on ne pouvait sortir du camp. Il croyait d'ailleurs qu'étant couvert par neuf légions et une nombreuse cavalerie, il n'avait rien à craindre, à trois mille pas du camp, d'ennemis dispersés et presque détruits. Il envoya donc cinq cohortes couper du blé dans la campagne la plus voisine, dont il était séparé par une colline seulement. (3) On avait laissé dans le camp des malades de diverses légions ; trois cents environ, qui s'étaient rétablis pendant l'absence de César, sortent ensemble sous une même enseigne ; enfin une multitude de valets obtiennent la permission de suivre avec un grand nombre de chevaux laissés en dépôt dans le camp.
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(1) Le hasard voulut qu'en ce moment même les cavaliers germains arrivassent : sans faire halte, ils essaient de pénétrer dans le camp par la porte décumane. (2) On ne les avait aperçus, à cause des bois qui couvraient cette partie, que lorsqu'ils étaient déjà près du camp, et les marchands qui avaient leurs tentes sous le rempart n'eurent pas même le temps de rentrer. (3) Nos soldats, surpris, se troublent à cette attaque ; et la cohorte de garde soutint à peine le premier choc. (4) Les ennemis se répandent à l'entour, cherchant un passage. (5) C'est avec peine que les nôtres défendent les portes ; les autres issues étaient garanties par leur position naturelle et par les retranchements. (6) La confusion est dans tout le camp ; chacun se demande la cause du tumulte ; et personne ne sait ni où porter les enseignes ni où doit se rendre chaque soldat. (7) L'un annonce que le camp est déjà pris ; l'autre, que le général a péri avec l'armée, et que les Barbares viennent en vainqueurs ; (8) la plupart se font sur la nature du lieu des idées superstitieuses, et n'ont plus sous les yeux que la catastrophe de Cotta et de Titurius, tués dans le même fort. (9) Une consternation si profonde et si générale confirme les Barbares dans l'opinion que le prisonnier leur avait donnée du dénuement complet de notre garnison. (10) Ils essaient de pénétrer de vive force, et s'exhortent à ne pas laisser échapper de leurs mains une si riche proie.
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(1) Au nombre des malades laissés dans Atuatuca était P. Sextius Baculus, qui avait servi sous César en qualité de primipile, et dont nous avons fait mention dans le récit des combats précédents. Depuis cinq jours, il n'avait pas pris de nourriture. (2) Inquiet sur le salut de tous et sur le sien, il sort sans armes de sa tente ; il voit combien l'ennemi est proche et le péril pressant, se saisit des premières armes qu'il aperçoit et se place à une porte. (3) Les centurions de la cohorte qui était de garde le suivent ; et tous ensemble ils soutiennent quelque temps le combat. (4) Grièvement blessé, Sextius perd connaissance ; on le passe de mains en mains, et on le sauve avec peine. (5) Dans cet intervalle, les autres reprennent assez de courage pour oser rester sur le rempart et présenter l'apparence d'une défense.
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(1) Cependant nos soldats, revenant du fourrage, entendent des cris ; la cavalerie prend les devants et reconnaît toute l'imminence du danger. (2) Il n'y a là aucun retranchement où ils puissent se retirer dans leur frayeur ; les soldats nouvellement levés et sans expérience de la guerre se tournent vers le tribun militaire et les centurions, et attendent leurs ordres. (3) Nul n'est si brave que la vue du danger ne l'étonne. (4) Les Barbares, apercevant de loin les enseignes, cessent leur attaque ; ils croient d'abord que c'est le retour des légions que les captifs avaient dit s'être portées au loin ; mais, bientôt, pleins de mépris pour ce petit nombre de troupes, ils fondent sur elles de toutes parts.
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(1) Les valets courent sur une hauteur voisine. Chassés de ce poste, ils se replient en désordre sur les enseignes et sur les rangs des cohortes, et augmentent la frayeur des soldats. (2) Les uns veulent qu'on forme le coin, afin de percer jusqu'au camp dont ils sont si près, espérant que si une partie d'entre eux est enveloppée et succombe, le reste du moins pourra se sauver ; (3) d'autres veulent qu'on tienne ferme sur la colline, et que tous courent la même fortune. (4) Cet avis n'est pas celui des vieux soldats que nous avons dit s'être mis en marche sous une même enseigne. Après s'être encouragés mutuellement, et sous la conduite de C. Trébonius, chevalier romain, qui les commandait, ils se font jour à travers les ennemis, et tous, jusqu'au dernier, ils rentrent au camp sans perte. (5) Les valets et les cavaliers suivent l'impulsion, et sont sauvés par le courage des soldats. (6) Mais ceux qui s'étaient arrêtés sur la colline, et à qui manquait toute expérience de l'art militaire, ne surent ni persévérer dans le parti qu'ils avaient pris de se défendre sur cette hauteur, ni imiter la vigueur et l'impétuosité qui avaient, sous leurs yeux, sauvé les autres ; en essayant de gagner le camp, ils s'engagèrent dans un lieu désavantageux. (7) Les centurions, dont plusieurs avaient été, à cause de leur valeur, promus, des rangs inférieurs des autres légions, aux premiers grades de celle-ci, voulant conserver leur ancienne gloire militaire, se firent tuer en combattant vaillamment. (8) Une partie des soldats, pendant que l'ennemi reculait devant tant de courage, put rentrer au camp, sauvée contre tout espoir ; le reste fut enveloppé par les Barbares et périt.
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(1) Les Germains, désespérant de forcer le camp, et nous voyant en état de défense sur les remparts, repassèrent le Rhin avec le butin qu'ils avaient déposé dans les forêts. (2) Mais tel était encore l'effroi, même après le départ des ennemis, que la nuit suivante, C. Volusénus, envoyé en avant avec la cavalerie, étant venu au camp, ne put faire croire que César approchait avec l'armée intacte. (3) La peur possédait tous les esprits, au point que, dans l'égarement où l'on était, on soutenait que toutes les troupes avaient été détruites, que la cavalerie seule avait échappé par la fuite ; que, si l'armée eût été entière, les Germains n'auraient pas attaqué le camp. (4) L'arrivée de César dissipa cette frayeur.
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(1) À son retour, celui-ci, qui connaissait les chances de la guerre, se plaignit uniquement qu'on eût fait sortir les cohortes du camp dont elles avaient la garde ; il remontra qu'on n'aurait pas dû donner prise au moindre hasard, et que la fortune avait eu grande part à l'arrivée subite des ennemis ; (2) mais qu'elle avait fait encore plus, en permettant qu'on repoussât les barbares presque maîtres des retranchements et des portes du camp. (3) Ce qui, dans tout cela, lui paraissait le plus étonnant, c'est que les Germains, qui n'avaient passé le Rhin que pour ravager le territoire d'Ambiorix, eussent, en venant attaquer le camp des Romains, rendu à Ambiorix le plus grand service qu'il pût désirer.
Suite de la campagne contre les Éburons
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(1) César partit de nouveau à la poursuite des ennemis, et, rassemblant un grand nombre de troupes des cités voisines, il les lâcha en tous sens. (2) Tous les bourgs et toutes les habitations que chacun rencontrait furent incendiés ; tout fut livré au pillage. (3) Le blé que ne consomma point une si grande multitude de chevaux et d'hommes fut détruit par les pluies et les orages, à tel point que le petit nombre de ceux qui nous échappèrent en se cachant dut, après le départ de l'armée, périr de faim et de misère. (4) Il arrivait souvent que, toute la cavalerie battant le pays, des prisonniers disaient avoir vu Ambiorix dans sa fuite, et assuraient qu'il ne pouvait être loin ; (5) aussi l'espoir de l'atteindre, et le désir de gagner la faveur particulière de César, faisaient supporter des fatigues infinies et triompher presque de la nature à force d'ardeur ; on semblait toujours n'avoir manqué que de peu d'instants une si importante capture, et toujours des cavernes et des bois nous le dérobaient. (6) Il gagna ainsi, à la faveur de la nuit, d'autres régions, d'autres retraites, sans autre escorte que celle de quatre cavaliers, les seuls auxquels il osât confier sa vie.