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Comprendre l'Ardenne > Histoire
Un symbole peut en cacher un autre : la Croix du Prieur
Ecrit par :Patrick Germain 14-11-2007
La plupart des croix émaillant le terroir ardennais sont de type "vicinal" : résultant d'un voeu, commémorant un décès, marquant l'emplacement d'un ancien lieu consacré ou consacrant un autre supposé maléfique, croix de missions etc. elles n'ont d'autre vocation que spirituelle. Plus spécifiques, les "sept croix", auxquelles on faisait naguère pèlerinage lorsqu'un moribond connaissait une agonie longue et pénible. D'où l'expression "voir - en faire voir - les sept croix". D'autres encore alli(ai)ent à leur fonction initiale celle de repère frontalier : la Croix du Prieur en fait partie.


Selon la Chronique, c'est en 1566 qu'une première croix est plantée à l'endroit où l'on peut découvrir sa cadette de nos jours, soit une cinquantaine de mètres au nord de la borne-frontière 155, entre la Baraque Michel et la Fontaine de Périgny. Elle y incarne alors la limite entre Jalhay (au marquisat de Franchimont) et Ovifat (en principauté-abbatiale de Stavelot-Malmédy).
Mais les riverains ne se sont jamais privés de déplacer bornes et croix à leur avantage. Ainsi, dans le règlement de 1605 touchant la séparation entre le marquisat de Franchimont et la principauté de Stavelot, le premier article veille-t-il à remettre : "la croix en son premier lieu et place, ainsi et comme il avoit ésté mis d'ancienneté".

Et tant qu'à faire, Dom Louis de Visé, alors prieur de Malmédy, en profite pour remplacer la croix initiale par une autre. En bois, celle-ci est soutenue par quatre supports ou "boutisses". Érigée par un prieur, l'usage en fait un toponyme : la "Croix du Prieur" est née. Citée par le savant jésuite Roderique en 1728, mentionnée dans nombre de contestations et traités frontaliers, elle devient l'un des monuments clefs du haut-plateau jusqu'à sa désaffectation en tant que repère-frontière, lors d'un remaniement de celle-ci.

L'édicule, retourné à la terre, n'eût sans doute jamais été remplacé. Pourtant : "Une nuit de novembre 1950, sans se faire remarquer de personne, de mystérieux et robustes inconnus, portant leur lourd fardeau entre branchages et fondrières, ont disposé une croix nouvelle à l'emplacement du monument disparu". En chêne massif, elle supportait initialement sous son auvent de bronze un Christ en bois sculpté de belle facture. Signe des temps, celui-ci a été remplacé par une reproduction.

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Crédit(s) photographique(s):Patrick Germain
Crédit(s) iconographiques :Parc Naturel Hautes Fagnes - Eifel
Source :
  • "Guide de la Fagne" - A.J. Freyens - Vème édition, chez Marabout (Ed Gérard, Verviers) -
Sur la toile :



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