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Comprendre l'Ardenne > Histoire
Bataille des Ardennes : n'oublions pas les Démineurs !
Ecrit par :Patrick Germain 28-10-2008
Certaines plaies consécutives à l’Offensive d’Ardenne ne sont pas encore complètement cicatrisées, plusieurs décennies après la fin des combats. Ainsi le Service d’enlèvement et de destruction des engins explosifs, héritier des deux bataillons formés dès la fin des combats, poursuit-il ses rotations routinières ou urgentes sur l’ancien champ de bataille. Avec de nouvelles techniques, ces militaires font face aux mêmes périls que leurs aînés qui payèrent un lourd tribut.


À la fin des combats de l’Offensive d’Ardenne, une mission aussi nécessaire que périlleuse reste à effectuer : le déminage. Notre vieille terre et ses villages meurtris regorgent d’engins non explosés, d’armes oubliées, de champs de mines aux contours incertains et de dispositifs piégés.

Sans doute les soldats du Génie allié, parmi lesquels quelques belges, ont-ils effectué une partie du travail. Mais leurs activités sont essentiellement tributaires des impératifs d’une guerre qui est encore loin d’être terminée. Aussi, pour conjurer la menace, deux bataillons de déminage sont-ils créés en février et mars 1945, dans le cadre du relèvement de l’armée belge.

Cantonné à Marche-en-Famenne, le 1er nettoie l’Ardenne tandis que le 2e, installé à Bruges, opère à la côte. Jusqu'en juillet 1948, les démineurs belges vont neutraliser 41.895 tonnes d'explosifs, au prix de 94 tués et 233 blessés.

Des chiffres impressionnants, et un prix à payer se soldant par autant de drames humains dont les monuments commémoratifs jalonnent les routes et les forêts d’Ardenne.

Ainsi, le 27 juillet 1945, un trio de démineurs composé par le caporal Alfred Moray accompagné des soldats Émile Gennens et Mathieu Piedbœuf s’apprête-t-il à quitter le secteur de Noirefontaine (Lierneux), où des combats particulièrement violents se sont déroulés durant l’Offensive. Les trois hommes ne vont pas loin : peu après sa mise en mouvement sur le sol défoncé, leur camion, chargé de 350 kg d’explosifs divers, se volatilise littéralement.

Un humble mémorial a été élevé sur les lieux du drame, le long de la route reliant Lierneux à Bodeux.

Et c’est quelques dizaines de kilomètres plus loin, à Stavelot, que la Fraternelle des Démineurs décidera plus tard d’ériger le mémorial national aux Démineurs. Une situation géographique due essentiellement aux réactions particulièrement chaleureuses d’une population régionale bien consciente de l’immense dette de reconnaissance contractée envers le Corps d’élite que forment les Démineurs.

L'œuvre artistique est due à l'architecte Albert Verschueren, un grand invalide du Déminage, ainsi qu'au statuaire Albert Segers. Le monument consiste en une terrasse semi-circulaire bornée par un mur de moellons portant les écussons des neuf provinces et des badges "sanglier" et "dauphin". Au centre de la terrasse, une colonne massive porte la statue. Celle-ci montre un démineur agenouillé. Entre ses mains on devine une mine qu'il va désamorcer ; la bouche ouverte, il alerte ses voisins et leur demande de s'abriter.

À mesure que la situation va s'améliorer, les effectifs des deux bataillons vont s'amenuiser. Ils seront finalement dissous, et remplacés par deux compagnies du service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs (Sedee).

Soixante ans plus tard, le Sedee est toujours bien présent et sa renommée a largement franchi nos frontières. La plupart d’entre nous a sans doute croisé l’un ou l’autre de ses véhicules, marqués de l’insigne à la bombe et de zones orange fluorescentes, lors d’un déplacement en Ardenne. Car la mission est loin d’être terminée. Et reste tout aussi périlleuse.



Crédit(s) photographique(s):Léon Noël Patrick Germain
Source :
  • Sur la reformation de l'Armées belge
  • Fraternelle Royale des Démineurs



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