Si sa fleur, à juste titre, fait rêver les poètes, son appartenance à la très vénéneuse famille des renonculacées en dit assez sur son tempérament : contentez-vous de l’admirer.

C’est vrai qu’elle a tout pour plaire, cette belle romantique qui aime l’ombre et sa fraîcheur : dès la fin du printemps, elle se pare de fleurs aux couleurs subtiles, composées de cinq cornets prolongés de crochets recourbés, telles les serres de l’aigle auquel elle devrait son nom de genre : « Aquilegia ». Un vrai régal pour les yeux, qui ne se lassent pas d’en parcourir les détails.

En Angleterre, on la surnomme « columbine », ses cinq pétales pouvant donner l’illusion d’autant de colombes en train de boire à une coupe. D’autres y voient une similitude avec le bonnet des « fous » du Moyen-Âge, ce qui lui aurait valu, dans le langage des fleurs, une double et peu sympathique symbolique : la folie, ou le caprice.

À vrai dire, ladite symbolique possède sans doute une origine plus pragmatique : les phytothérapeutes la prescrivaient lors de certains dérèglements nerveux. Une utilisation restreinte de nos jours, tant il est vrai que la plante contient un alcaloïde dangereux. À n’utiliser qu’au sein de prescriptions dûment dosées par des personnes qualifiées, donc, pour ses nombreuses vertus.
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Aquilegia vulgaris L.
Aiglantine, colombine, cornette, cinq doigts, gants de Notre-Dame
Wallon : åcolètte, wan d’Notru-Dame