Dans la rubrique : "nos lecteurs réagissent", l'article rédigé par Thierry Brasseur a suscité l'ire d'un visiteurdu site. En piste pour notre premier débat contradictoire.
"Il ne faut pas croire tout ce qu'on lit ! A l'époque de Jules César, le breton (et le gallois) n'existaient pas ! C'est comme si on disait que les Romains avaient parlé italien !! Donc, non, le breton (beaucoup plus tardif) n'a jamais été parlé en Belgique ! Non : à l'époque il y avait une langue celtique continentale (avec sans doute des variantes dialectales), qu'on appelle généralement le gaulois, faute de mieux.
S'il est exact que des tribus belges s'installèrent sur l'île de Bretagne, cela paraît beaucoup moins probable pour l'Irlande (le nom de Fir Bolg qu'on trouve dans la mythologie irlandaise ne peut absolument rien prouver, vu l'antiquité des faits !) Certains veulent y voir le mot "belge", mais il n'y a aucune preuve linguistique valable. Dans ce domaine, attention aux raccourcis simplistes, il y a deux millénaires entre Jules César et nous !!"

Là-dessus, l’auteur du texte incriminé prend le mors aux dents, et … le clavier, pour nous transmettre le texte qui suit par courriel, ce 30 avril 2006 :
"Il est bien évident que le Breton en tant que tel (langue parlée aujourd’hui en Bretagne Armoricaine) n’existait pas… encore. Il est, dans sa forme actuelle, une transformation du Gallois parlé par les immigrants qui se rendirent en Armorique poussés par les invasions de leur île durant les IV° et V° siècle de notre ère.
Et il est un fait que, « faute de mieux », il est commode aujourd’hui de dire que toutes les peuplades et tribus celtes peuplant le continent usaient d’une langue commune : le « gaulois ».
C’est d’ailleurs sous ce nom générique, par facilité et …sous l’impulsion de César lui même ( de Bello Galico – « il ne faut pas croire tout ce qu’on lit » ) que l’on fera rentrer sous cette catégorie de « Gaulois » tout ce qui vit entre la Méditerranée et le Rhin !!!
Mais à lire toujours notre ami César, on remarquera aisément que lui même, soit ne sait pas trop à qui il à affaire, soit arrange les peuples à sa sauce et selon ses intérêts (n’oublions pas que son livre n’est pas un livre d’histoire, mais un compte rendu de ses hauts faits destiné à sa plus grande gloire à Rome : un livre de propagande en somme). Dans cette configuration d’objectifs, il désignera tantôt un peuple comme Belge, ensuite Germain cisrhénan, pour continuer plus tard en le désignant sous le vocable : « Gaulois ». La Frontière tracée par César est, nous le savons aujourd’hui, par le biais de travaux menés par des scientifiques de renom, totalement factice.
Les textes de ce personnage sont donc à prendre avec la plus grande prudence ! Il suffit de voir le descriptif des Animaux peuplant l’Ardenne pour s’en rendre compte : des « Animaux à deux pattes devant se placer contre un Arbre pour se reposer »…
Néanmoins, loin des « raccourcis simplistes », jeter le bébé avec l’eau du bain me semble toutefois nous priver d’une source qui, pour douteuse qu’elle soit, demeure précieuse par la rareté des documents écrits de cette époque !
Car partant de ce postulat - le rejet pur et simple - nous en arriverons à ce que j’ai déjà entendu de la bouche d’un ami, écrivain reconnu qui travaille à un livre sur l’histoire de Belgique, et qui s’est entendu répondre par le conservateur de musée d‘importance en Flandre (dont je tairai le nom) que : « César n’a jamais mit les pieds en Belgique »… !!!!!
Devant la pauvreté des documents et du matériel archéologique, tout ou presque peut être dit, et son contraire. Surtout devant la particularité des régions et communautés belges, leurs guéguerres intestines. Cela n’aide évidemment à faire évoluer l’état de nos connaissances par des fouilles de terrains et des collaborations fructueuses.
Que dire également du « complexe belge », qui muselle et conditionne littéralement presque tous nos historiens et archéologues au sujet de l’histoire de Belgique ? Qu’il n’est surtout pas de bon ton de farfouiller dans celle-ci ; en tout cas pas avant 1830. Comme si la crainte d’un quelconque intérêt pour cette période de l’Histoire (celle ne notre pays ne vous déplaise) avait des relents de souffre ? La peur d’un « ultra nationalisme » ??? de Droite ??? Quel malheur, quel dommage !!!
Quant aux Firs Bolgs, idem : d’aucuns ne veulent voir la racine « Bolg » que comme quelque chose n’ayant aucun rapport avec le mot « belge » qui à l’époque des faits, est extrêmement floue je l’accorde , puisque ces textes sont un récit mythologique.
Certes la plus haute époque connue (texte de César) ne relate l’existence des Belges que sous l’appellation de « Belagae », n’ayant peut-être que peu de rapport linguistiques avec « Bolg » . Cela serait simple si cela s’arrêterait ici, mais dans ces mêmes textes Irlandais, les batailles se déroulent en territoire Fir Bolg autour d’une colline du nom de…Belgatane !
Si cela ne « prouve » rien, cela éveille néanmoins beaucoup de questions (sourire).
Et que dire de ces statues de divinités découvertes en zone côtière Belge et de celles, pratiquement identiques, sur les côtes Irlandaises ?
Nous pouvons bien sûr nier l’évidence…"
Thierry Brasseur